Kinshasa, 14 septembre 2026 (ACP).- La connaissance des figures emblématiques de la musique congolaise et de leurs œuvres est restée inégale à travers le territoire national, en raison de la faible circulation de la mémoire musicale et de l’insuffisance des mécanismes de transmission culturelle, a appris l’ACP lundi d’un chercheur.
« Dans le cadre de mes recherches pour rédiger mes ouvrages, j’ai pu voyager et visiter des dizaines de territoires congolais où j’ai été sidéré d’apprendre que certaines têtes d’affiche congolaises manquaient à la lecture et à la connaissance de l’opinion intérieure, sans que les artistes musiciens eux-mêmes s’en aperçoivent », a affirmé Franklin Mokhoo.
Selon ce chercheur, ses déplacements de l’Est à l’Ouest et du Nord au Sud de la République démocratique du Congo lui ont permis de relever une variation des références musicales selon les régions, les admirations locales et les appartenances culturelles.
Il a cité notamment Luambo Makiadi, Tabu Ley Rochereau, Koffi Olomidé, Papa Wemba, Pépé Kallé, Fally Ipupa, Ferré Gola, JB Mpiana, Werrason, Fabregas et Héritier Wata parmi les noms revenant fréquemment dans les échanges avec les mélomanes rencontrés.
« Les noms des orchestres phares, n’en parlons pas. Certains ne savent rien et m’ont même demandé si Luambo Makiadi et Tabu Ley sont encore en vie », a-t-il poursuivi, soulignant ce qu’il qualifie d’« invisibilité criante » de plusieurs artistes ayant marqué la scène musicale congolaise pendant une ou deux décennies, notamment à l’époque du grand Zaïre.
Pour Franklin Mokho, cette méconnaissance concerne également des artistes dont les chansons à succès ont pourtant marqué l’Afrique, révélant ainsi un déficit de transmission et de vulgarisation du patrimoine musical national.
Face à cette situation, il s’interroge sur les responsabilités respectives des communicateurs des orchestres, du management communicationnel, ainsi que sur l’incidence de l’éloignement géographique de certains quartiers et espaces culturels de Kinshasa dans la diffusion de la mémoire musicale.
Il a appelé, en filigrane, à une réflexion sur les moyens de mieux documenter, promouvoir et transmettre l’histoire des artistes, des orchestres et des œuvres qui constituent le patrimoine musical de la République démocratique du Congo. /ACP/Kayu

