Kinshasa, 05 octobre 2025 (ACP),- Un appel à l’accompagnement des artistes dans la protection de leurs œuvres créatives a été lancé au gouvernement de la République démocratique du Congo samedi, lors d’une conférence organisée à l’Institut français de Kinshasa (IFK), dans le nord de la capitale congolaise, a constaté l’ACP.
« L’Etat congolais doit fournir un effort d’accompagner les artistes parce que la protection dont on parle, ça passe par le ministère de la Culture. Il y a un article de la Constitution qui stipule qu’il y a le pouvoir central qui gère toutes les ventes de matières, la protection des matières artistiques et même industrielles (…) Il y a aussi l’ordonnance-loi 86-033 portant protection des droits d’auteurs et des droits voisins. La loi est là, mais il manque des mesures d’accompagnement de la réglementation au niveau de la création », a déclaré le chanteur Blaise Bula, dans son intervention.
Intervenant sur la place du potentiel artistique congolais à l’échelle internationale, lors de cette séance de débats-conférences placée sous le thème « La rumba congolaise à l’épreuve du cadre juridique et de la protection des droits d’auteur et droits voisins en RDC : enjeux, défis et perspectives », Blaise Bula a martelé l’urgence pour l’Etat de valoriser les talents locaux, souvent reconnus à l’étranger, mais encore peu soutenus au pays.
« À comparer aux sociétés africaines ou d’autres pays, on est loin, parce qu’on est moins formé. Mais potentiellement, on est riche, on est des génies, on a des talents dans notre pays la RDC. En France, ceux qui font la fierté de la musique congolaise et française, ce sont des originaires de notre pays. Il serait bien que l’État congolais puisse prendre en compte de cela et se dire que le potentiel artistique, la route congolaise, c’est un potentiel qui peut amener des devises au Congo », a-t-il dit.
Le rôle de la société congolaise des droits d’auteur dans la collecte des redevances expliqué
Selon Blaise Bula, la société congolaise des droits d’auteur et des droits voisins (Socoda), est une organisation de gestion collective, qui a pour rôle de collecte des masses d’argent chez des différents patrons, auteurs et consorts selon des répartitions et des forfaits.
« (…) On regarde l’œuvre qui est très consommée, c’est celle qui touchera le plus d’argent. Et aussi de protéger, les œuvres des artistes, C’est -à-dire que chaque fois qu’on va dans le domaine de la musique où une autre société fait l’exploitation de votre œuvre, le Socoda peut intervenir pour interdire et lui demander d’avoir l’autorisation. En cas de refus son rôle c’est de pouvoir porter l’affaire en justice pour défendre les droits des artistes », a éclairé Blaise Bula.
Par ailleurs, Junior Luyindula, expert en propriété intellectuelle, est revenu sur les avantages du code numérique, qui a actuellement intégré un chapitre sur la protection des œuvres de l’esprit, où on reconnaît que les mesures techniques qui sont intégrées dans les fichiers des œuvres musicales.
« Donc, il y a un côté la protection des œuvres et d’autres côtés la gestion. Et la titularité, surtout pour les artistes congolais le problème de la protection c’est un problème très important. Aujourd’hui, on est à l’ère numérique par exemple dans notre code numérique actuellement, on a intégré un chapitre sur la protection des œuvres de l’esprit, où on reconnaît que les mesures techniques qui sont intégrées dans les fichiers des œuvres musicales».
Cette activité a été organisée par l’institut français de Kinshasa à travers son département de la médiathèque sur la controverse de la propriété intellectuelle. Les prochaines séances sont prévues au mois de novembre et décembre, a-t-on signalé.
ACP/C.L.

