Kinshasa, 5 août 2026 (ACP).- Le masque ‘‘ N’kummba’’, utilisé par la communauté yombe de la province du Kongo Central, dans le sud-ouest de la République démocratique du Congo (RDC), a été présenté comme un instrument sacré de guérison spirituelle, selon des informations publiées sur la plateforme numérique Muntu Culture, consultée mercredi par l’ACP.
«Chez les Yombe, peuple de la forêt du Mayombe, dans la province du Kongo Central, existe une tradition thérapeutique exceptionnelle qui répondait autrefois aux exigences naturelles de la vie par le biais de la guérison spirituelle. Au cœur de cette pratique se trouve l’esprit N’kummba, aujourd’hui souvent réduit à un objet de collection muséale, alors qu’il demeure, dans son contexte d’origine, un masque rituel d’une grande puissance», a-t-on lu.
Selon Muntu Culture, la forme du masque ‘‘N’kummba’’ est rigoureusement codifiée afin de préserver et de transmettre les mêmes forces spirituelles d’une génération à l’autre.
Lors des rituels, le nganga (guérisseur traditionnel) porte le masque, entre en transe et devient le médiateur entre les ancêtres et les vivants afin de combattre les esprits nuisibles, de rétablir l’équilibre et de favoriser la guérison.
« Dans la tradition yombe, lorsqu’un nganga sculpte et « anime » un objet en y incarnant un esprit aux vertus spécifiques, cette forme sculpturale doit être fidèlement reproduite par d’autres artisans afin de réactiver les mêmes forces que celles du premier objet initié », a précisé la source.
Le masque se distingue également par son traitement oculaire particulier. Ses yeux, incrustés de miroirs ou de verre blanc, symbolisent une double vision capable de percevoir à la fois le monde visible et le monde invisible, le corps et l’esprit, ainsi que le symptôme et sa cause profonde.
Le masque ‘‘ N’kummba’’, symbole vivant de mémoire et de guérison
Par ailleurs, Muntu Culture a souligné que le masque ‘‘ N’kummba’’ demeure un symbole vivant de mémoire, de guérison et de lien entre les vivants, les ancêtres et le monde invisible, illustrant une tradition thérapeutique toujours présente dans certaines communautés yombe.
«Lors des cérémonies de guérison, le masque n’est jamais exposé passivement. Il est porté par le nganga qui, en l’endossant, entre en transe et incarne la connaissance ainsi que la puissance des esprits ancestraux. Ce n’est plus alors un simple homme qui agit, mais un médiateur investi d’une force thérapeutique hors du commun», a indiqué la source.
Elle a ajouté que «cette dualité visuelle représente la capacité du guérisseur à diagnostiquer le mal là où il siège réellement, bien au-delà des apparences physiques. Très respecté pour ses vertus curatives, le masque N’kummba appartient à une catégorie plus large de sculptures africaines dont la forme est rigoureusement codifiée».
Reconnaissable à ses yeux incrustés de miroirs ou de verre blanc, le masque symbolise une double vision permettant au nganga de percevoir les causes profondes des maladies et d’intervenir dans les dimensions visibles et invisibles de la vie.
Originaire de la communauté yombe du Kongo Central, le masque ‘‘ N’kummba’’ est considéré comme un support vivant de mémoire et de guérison, un trait d’union entre les vivants et les ancêtres. Sa fonction ne se limite pas au traitement du corps ; elle vise également à restaurer l’équilibre spirituel, à purifier le clan et à rétablir l’harmonie cosmique. Selon la source, cette tradition demeure vivante dans certaines communautés et constitue un patrimoine culturel et spirituel de grande valeur. ACP/NM/MN

