Kinshasa, 5 août 2026 (ACP).- La place ‘‘ Congo Square’’, site historique situé à La Nouvelle-Orléans, en Louisiane (États-Unis), a été présentée comme un symbole de la mémoire des Africains déportés et un héritage étroitement lié au rayonnement du Royaume Kongo de la République démocratique du Congo (RDC), a expliqué mercredi à l’ACP un afro-descendant.
« Le lien est direct, il est dans le sang et dans le nom lui-même. Congo Square porte notre nom, littéralement, parce que la majorité des Africains déportés en Louisiane venaient du Royaume Kongo et de la région Kongo-Angola », a déclaré Prince Arnold Kufulula, afro-descendant et fondateur de la plateforme culturelle ‘‘Isolele Universe’’.
Selon cet afro-descendant, ce lieu témoigne de la capacité des populations déportées à préserver leur identité culturelle malgré l’esclavage et la séparation de leur terre d’origine.
« On peut arracher un peuple à sa terre, mais on ne peut pas lui arracher sa mémoire », a-t-il soutenu, soulignant que les chants, les danses et les tambours pratiqués à Congo Square ont permis aux descendants des Africains de conserver une partie de leur héritage culturel.
Abordant les origines du jazz, le fondateur d’Isolele Universe estime que cette musique puise une partie importante de ses racines dans les traditions de l’Afrique centrale, notamment celles du Royaume Kongo.
« Le tambour était leur liberté intérieure, leur dernière possession sacrée. Et c’est de cette identité musicale, venue d’Afrique centrale, que naît le jazz lui-même », a-t-il expliqué.
Pour lui, les rythmes, la circularité des danses et les pratiques d’appel-réponse observés à ‘‘Congo Square’’ présentent encore aujourd’hui des similitudes avec plusieurs traditions musicales conservées en RDC.
Il a également qualifié ‘‘Congo Square’’ d’espace de résistance culturelle face à l’esclavage, estimant que les rassemblements qui s’y tenaient constituaient un moyen de préserver la mémoire, les croyances et les traditions africaines malgré les politiques d’assimilation imposées aux populations déportées.
Évoquant les liens entre le Congo et sa diaspora, M. Kufulula a appelé les chercheurs, les artistes et les autorités congolaises à approfondir les recherches sur cet héritage commun et à promouvoir davantage Congo Square comme un lieu de mémoire de la diaspora africaine.
« Congo Square nous appartient. L’histoire de Congo Square est notre histoire. Et il est temps que nous la reprenions », a-t-il conclu.
Situé dans le quartier de Tremé, à La Nouvelle-Orléans, ‘‘ Congo Square’’ est reconnu comme un haut lieu de rassemblement des Africains réduits en esclavage durant les XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles. Les historiens considèrent cet espace comme l’un des principaux foyers de préservation des traditions musicales, des danses et des pratiques culturelles africaines en Amérique du Nord, ayant contribué à l’émergence de genres musicaux tels que le jazz. ACP/

