Kinshasa, 14 septembre 2026 (ACP).- La coutume congolaise, composante importante du système juridique en République démocratique du Congo, est appelée être repensée au regard des exigences du droit, en préservant sa fonction sociale et culturelle, a estimé un professeur de droit dans son nouvel ouvrage parcouru lundi à l’ACP.
<<L’évolution de l’État de droit, l’urbanisation, la mondialisation et la nécessité de protéger les droits fondamentaux imposent désormais de repenser l’articulation entre le droit coutumier et le droit positif>>, a soutenu le Pr Jules-Thomas Mukadi.
Intitulé « La coutume congolaise et le droit congolais : les défis », cet ouvrage examine la place des pratiques coutumières dans le système juridique congolais, ainsi que les difficultés liées à leur coexistence avec le droit écrit et les normes modernes
Selon l’auteur, l’analyse porte notamment sur l’influence de la coutume dans les domaines familial, foncier, successoral et social, où les traditions continuent de jouer un rôle significatif dans la vie des communautés.
Le professeur Mukadi a souligné toutefois que cette évolution ne doit pas conduire à opposer les deux systèmes.
La coutume, fait-il valoir, doit continuer à jouer son rôle, à condition de respecter la Constitution, les lois de la République, l’ordre public ainsi que les engagements internationaux de la RDC.
Pour renforcer cette coexistence, il propose notamment le recensement, dans chaque province, des coutumes conformes à la Constitution, en vue de contribuer à l’élaboration d’un « code coutumier officiel ».
Il a recommandé l’organisation de formations communes à l’intention des magistrats et des chefs coutumiers, afin de favoriser une meilleure compréhension des pratiques traditionnelles et des exigences relatives à la protection des droits de la femme et de l’enfant.
À travers cette réflexion, Jules-Thomas Mukadi invite à repenser la place de la coutume dans le système juridique congolais, entre préservation des traditions, respect de l’identité culturelle et exigences de l’État de droit. Une articulation équilibrée qui constitue, selon cette approche, un enjeu majeur de l’évolution du droit en République démocratique du Congo. ACP/Kayu

