Rumba : “Bolingo Ebomi Ngai » de Roga Roga salué comme un triomphe artistique rayonnant

Kinshasa, 17 août 2026 (ACP).- Le nouvel album “Bolingo Ebomi Ngai” de Roga Roga, l’une des légendes du Congo-Brazzaville qui entretient des liens artistiques et culturels très étroits avec la République démocratique du Congo (RDC) où sa musique est extrêmement populaire, a été salué dimanche comme “un triomphe artistique rayonnant“ par un analyste musical, joint au téléphone par l’ACP.

« Dans cet album, la plume de Roga Roga me fait parfois penser au grand Pamelo Mounk’a. Il réussit avec justesse à porter des refrains en français et en lingala, affirmant ainsi une ambition qui dépasse les frontières. Certains panégyriques sont d’ailleurs clairement destinés à un public international. Cet opus représente à mes yeux une réussite artistique rayonnante », a déclaré Eddy Ngombe Mwėné.

Pour l’expert, cette signature musicale confirme le retour gagnant du chanteur congolais.

Plongeant dans le contenu de l’album, il a mis en lumière la richesse des textes et la portée des messages véhiculés.

« “Bolingo na ngai ebomi ngai“… Ce titre éponyme tient toutes ses promesses et donne le ton d’un album où les titres de rumba composent un projet artistique particulièrement réussi », a-t-il fait remarquer.

« Mon coup de cœur va au titre “ Tribalisme ” : une œuvre consciente, artistique et instructive. À travers cette chanson, Roga Roga aborde un sujet important avec intelligence, tout en conservant la force et l’élégance de notre musique », a-t-il ajouté.

Il a également salué « la direction musicale ainsi que la qualité du mixage et du mastering, assurés par Leny Bidens. Cette exigence contribue à une production qui donne à notre musique une belle visibilité et une véritable dimension internationale ».

« Notre musique est ainsi valablement présentée, représentée et défendue », a-t-il poursuivi.

L’analyste a aussi félicité Ngotima, « l’animateur que Roga Roga a su positionner au premier plan de l’animation. Par son énergie, sa présence et son style, il apporte une véritable dynamique à cet opus ».

Il a rendu par ailleurs hommage à Kaké Mbonda, « le remarquable percussionniste à la tumba, dont le jeu contribue à la richesse rythmique et à la puissance de l’album ».

Enfin, concernant “ Persévérance “, il a estimé que ce titre « illustre bien ce que Roga Roga représente dans notre patrimoine culturel : la constance, la créativité et la volonté de faire rayonner la musique congolaise ».

Roga-Roga, du chœur paroissial au “Lampadaire” de la rumba : ascension fulgurante

Figure majeure de la musique congolaise, Roga-Roga, de son vrai nom Ibambi Okombi Rogatien, est âgé de 52 ans. 

Sa passion pour la musique naît dans les chorales catholiques avant de se forger au contact de plusieurs orchestres de Brazzaville. 

En 1993, au sortir de la guerre civile, il décide avec des amis issus du milieu paroissial de fonder un groupe pour redonner vie à la scène culturelle. 

Il en prend rapidement les rênes et baptise la formation Extra-Musica.

Après trois albums qui marquent les esprits, l’orchestre devenu mythique se sépare. L’artiste poursuit alors sa route en solo sous le nom d’Extra-Musica Zangul. 

Il enchaîne les succès avec des titres devenus des classiques comme “État-Major“, “Shalaï“ ou encore “Trop c’est trop“. 

Ce parcours lui vaut plusieurs distinctions continentales, dont le prix du meilleur groupe africain de la décennie aux Kora Awards. 

En 2010, à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance du Congo, il est décoré chevalier de l’ordre du mérite congolais par le Président Denis Sassou-N’Guesso. Une première pour un artiste de sa génération. 

Aujourd’hui, Roga-Roga est aussi surnommé “Le Suprême “ ou “Le Lampadaire ”par ses fans. ACP/ STJ

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