Kinshasa, 12 août 2026(ACP).- Une délégation de la République démocratique du Congo (RDC) conduite par la ministre la Culture, arts et patrimoine a été à Brazzaville en République du Congo pour rendre hommage à Pierre Moutouari, légende de la Rumba avant son inhumation mercredi dans la capitale congolaise, selon une journaliste dans la délégation.
«Mme, la ministre Elebe Ma Ndembo Yolande, accompagnée par de Mme Barbara Kanam, Directrice du Fonds de promotion culturelle (FPC), a traversé, mercredi dans les après-midi, pour Brazzaville, pour les derniers hommages à l’artiste musicien Pierre Moutouari. Accueillie sur place par les autorités brazzavilloises et par Michaëlle Moutouari, fille de l’illustre disparu, la délégation de Kinshasa s’est rendue à la parcelle familiale et au palais de Congrès où ils se déroulaient les obsèques officielles », a confirmé Mamie Ilela, chroniqueuse musicale à la Radiotélévision nationale congolaise (RTNC).
Selon la source, la cérémonie d’hommage a été marquée par la présence du Premier ministre du Congo-Brazza, Anatole Collinet Makosso ainsi que quelques membres de son gouvernement dont Jean Claude Gakosso, ministre de la Culture, des Arts, de l’Industrie touristique et du Patrimoine national qui a prononcé un discours en mémoire de l’illustre chanteur.
De son côté, la ministre kinoise Elebe accompagnée de l’Ambassadeur de la RDC au Congo-Brazza, Roger Bokwele, et le chanteur Bozi Boziana, s’est inclinée devant le cercueil de Pierre Moutouari, en déposant également sa gerbe de fleurs.
Présence saluée des autorités de deux rives

Par ailleurs, Herman Bangi, vice-président de la commission nationale chargée de la valorisation et de la vulgarisation de la rumba en RDC, a salué la présence des autorités de Kinshasa et de Brazzaville qui ont exprimé une reconnaissance mémorable au défunt chanteur pour sa contribution à l’émergence de la Rumba, patrimoine de l’humanité.
« Nous sommes venus rendre un dernier hommage à un grand artiste. Pierre Moutouari a marqué plusieurs générations et a uni les peuples des deux Congo par ses chansons qui font partie de notre patrimoine commun », a-t-il signifié.
« Pierre Moutouari restera gravé dans la mémoire collective comme l’une des grandes voix de la rumba congolaise, qui a porté haut les couleurs de la musique africaine à travers le monde », a témoigné Bangi.
Selon le vice-président de la commission Rumba, la cérémonie d’inhumation avait été précédée, mardi, d’une veillée mortuaire organisée au Cercle culturel Sony-Labou-Tansi à Brazza où les artistes musiciens de deux rives ont pleuré leur collègue aux rythmes de chansons et danses.
« Cette veillée a réuni plusieurs mélomanes et hauts cadres brazzavillois. Elle a été marquée par la présence de Prince Bahamboula, ministre délégué auprès du ministre de la Culture, des Arts, de l’Industrie touristique et du Patrimoine national, chargé de l’Industrie touristique. Il a rendu hommage à l’artiste, soulignant la portée de son œuvre et la place qu’il occupe dans l’histoire culturelle du Congo », a-t-il indiqué.
« Dans une ambiance empreinte d’émotion, les prestations musicales, les témoignages et les différents hommages ont permis de rappeler le parcours de Pierre Moutouari et son apport à la création artistique congolaise. Au-delà du deuil, cette rencontre aura surtout été un moment de mémoire et de transmission », a fait savoir Herman MBangu.
Décédé le 8 octobre 2025, à l’âge de 75 ans, en région parisienne, Pierre Moutouari a été inhumé finalement au village Nganga Lingolo, dans le périphérique de Brazzaville, malgré les différends familiaux et de procédures judiciaires.
Né en 1950 à Brazzaville, Moutouari a entamé sa carrière musicale en 1968, sous la houlette de son frère aîné Cosmos Moutouari, au sein de l’orchestre Les Bantous de la Capitale.
Figure majeure de la rumba congolaise, il a dominé à une époque la scène africaine grâce à son talent musical, laissant notamment plusieurs titres à succès, dont ‘‘Missengué’’.
Grâce à ce titre, Pierre Moutouari a été plébiscité lauréat du prix panafricain ‘‘Ngwomo Africa’’ dans les années 1990 à Kinshasa. ACP/JST (SP)

