Kinshasa, 13 octobre 2025 (ACP). – L’ouvrage “Genout“ écrit par le philosophe béninois Mahougnon, a été présenté vendredi au Musée national comme un manuel mis à contribution pour servir des réponses aux multiples questions soulevées par feu le saxophoniste Verckys Kiamuangana de la République démocratique du Congo (RDC), dans sa chanson « Nakomitunaka » ( Je m’interroge), au cours d’une cérémonie.
« Notre génération avait un poète, Verckys Kiamuangana Mateta qui avait publié vers les années 70 un texte titré “Nakomitunaka“ où il posait au créateur un certain nombre de questions sur l’injustice de la race noire (…) Quand je serai de l’autre côté, je lui dirai que vos multiples questions soulevées dans la chanson avaient toutes eu des réponses après vous à travers le manuel ‘’Genout’’», a déclaré le professeur Georges Makuba N’guri au cours de la recension de ce livre, écrit par le philosophe béninois Mahoughon Sinsin, dans le cadre du programme +African Summer School+ basé sur l’enseignement de l’histoire africaine de manière décolonisée.
Selon cet expert en didactique et interprétation des textes, “Genout” qui, à travers sa profondeur, offre aux Africains une certitude sur la question identitaire, est bien plus qu’un simple ouvrage. « Sur le plan pratique, Genout peut jouer un rôle majeur comme support d’enseignement, notamment dans des programmes scolaires et universitaires qui cherchent à africaniser leur contenu », a-t-il expliqué, avant de renchérir : « Les pionniers des indépendances africaines avaient vraiment souhaité que nous finissions par écrire de nous-mêmes nos propres histoires. On ne peut pas compter sur les autres pour le faire à notre place ».
Par ailleurs, Fortuna Mambulu, initiateur et promoteur de ce projet (African Summer School) a laissé entendre que cette initiative vise à transformer le système éducatif en un pilier central du développement durable et de la prospérité de l’Afrique dans son ensemble. «Nous sommes dans une démarche de renaissance africaine, c’est-à-dire que les Africains puissent d’abord connaître qu’ils étaient. Cheikh Anta Diop a dit que le grand désastre des Africains n’est pas d’avoir été des esclaves, mais c’est d’avoir oublié ce qu’ils étaient avant d’être esclaves », a rappelé Fortuna Mambulu.
« Après avoir fait ce travail en Europe pendant plus de six ans, nous avons jugé bon de l’emmener en RDC, en intégrant une nouvelle didactique de l’histoire de l’Afrique dans une école de telle manière qu’après un projet pilote, nous puissions présenter les résultats auprès des décideurs pour la rendre une expérience structurelle et adoptée par un Etat », a-t-il conclu. Ce programme avait débuté par une formation de 20 enseignants du Collège Docteur Cécile Mboyo, par le professeur Mahoughon Sinsin, et compte s’ouvrir à d’autres écoles du pays.ACP/

