RDC : réprobation ferme et unanime après un appel à la violence contre les Occidentaux

Kinshasa, 21 octobre 2026 (ACP).- Une réprobation ferme et unanime, accompagnée de sanctions et de l’ouverture d’une enquête judiciaire, a été enregistrée mercredi en République démocratique du Congo (RDC), contre l’auteur des propos appelant à la violence contre les Occidentaux dans une vidéo, a constaté l’ACP.

« Nous condamnons de la manière la plus ferme les propos tenus par Fils Mukoko. Ils sont d’une horreur absolue et n’engagent nullement le Gouvernement ni aucune autre institution », a déclaré Patrick Muyaya, porte-parole du Gouvernement, assurant les missions diplomatiques et leurs personnels que toutes les dispositions nécessaires étaient prises pour garantir leur sécurité et l’inviolabilité de leurs sièges.

Dans la foulée, le gouverneur de Kinshasa, a pris un arrêté révoquant Mukoko de ses fonctions de Directeur Général Adjoint chargé de questions Techniques de la Régie d’Assainissement de Kinshasa (Raskin), nommé le 18 avril 2025, « considérant la nécessité de prévenir tout comportement ou toute déclaration portant atteinte à l’honneur de la fonction publique et à la crédibilité des institutions ».

Le Gouvernement saisit la justice Parallèlement à cette mesure administrative, le ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, a ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire. Il a instruit le procureur général près la Cour de cassation de donner suite à cette affaire.
« La liberté d’expression est constitutionnellement consacrée en République démocratique du Congo. Elle ne saurait cependant servir de prétexte à la menace, à l’intimidation ou à la mise en danger de la vie d’autrui », a-t-il rappelé dans un communiqué officiel.

Le CSAC prononce une sanction de 88 jours.

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) a de son côté interdit à Fils Mukoko l’accès aux médias pendant 88 jours, à la suite de la diffusion de cette vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. Réuni en urgence, le Bureau du régulateur a estimé que les propos incriminés violaient les lois en vigueur et les valeurs fondamentales de la République.
Dans la séquence, l’intéressé évoque la distribution d’armes dans plusieurs lieux publics, notamment les terrains de football, les églises et les universités, avant de menacer les ressortissants occidentaux présents à Kinshasa.
Le CSAC a également convoqué l’intéressé à une audition afin qu’il s’explique sur les faits qui lui sont reprochés.

L’UDPS rejette toute responsabilité.

Le parti présidentiel, Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS-Tshisekedi), a également condamné les déclarations de Fils Mukoko. Dans un communiqué signé par son président intérimaire, Augustin Kabuya, le parti affirme avoir pris connaissance de la vidéo « avec une vive préoccupation ».
La formation politique désapprouve toute initiative visant à distribuer des armes à la population en dehors du cadre légal et précise que les actions évoquées dans la séquence n’ont fait l’objet d’aucune décision de ses organes compétents.
Le parti soutient, en outre, que Mukoko n’occupe aucune fonction en son sein et rejette tout lien avec les déclarations et initiatives qui lui sont attribuées.
« La non-violence demeure et demeurera la méthode de lutte de l’UDPS/Tshisekedi », conclut le communiqué, qui appelle les cadres, militants et sympathisants à la discipline et à la responsabilité.

ACP/PM.

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