Kinshasa, 1er décembre 2025 (ACP).- Les droits de douane imposés par le Président Donald Trump il y a une année depuis son retour à la Maison Blanche a un impact complexe sur les relations diplomatiques avec la Chine et l’Afrique pouvant être à la fois une source de conflit (guerre commerciale) et un outil de coopération (accords d’exonération avec les pays africains).
En effet, le Président américain a signé des dizaines de décrets qui perturbent la politique mondiale et les affaires courantes. Ce qui a suscité la contestation des plusieurs pays et pouvait conduire à un risque de déstabilisation économique. Le continent africain n’est pas épargné par les taxes américaines imposées par Donald Trump. Déjà en avril 2025 les produits africains exportés vers les États-Unis ont été soumis à des droits de douane supplémentaires allant de 10% à 50% en fonction des pays et des secteurs concernés. Ces nouvelles taxes américaines sont calculées selon deux critères : le déficit commercial des USA avec leurs partenaires et les barrières douanières mises en place par les pays africains pour protéger leurs économies.
Une rupture unilatérale qui rebat les cartes du partenariat économique, a estimé le politologue Serigne Bamba Gaye. Selon lui, ces droits de douane violent les principes de l’Africain Growth and Opportunity Act (Agoa), un accord commercial vieux d’un quart de siècle, aujourd’hui en sursis. Leshoto, le plus durement taxé à hauteur de 50%, Madagascar 47%, Maurice 40%, Botswana, exportateur de diamants, 37%; la Libye 31%, l’Algérie qui exporte principalement des hydrocarbures a été taxée de 30%, la Côte d’Ivoire avec son cacao 21%. L’Afrique du Sud, premier exportateur africain vers les États-Unis avec près de 15 milliards de dollars de ventes annuelles, de véhicules et de pièces automobiles, 30%; le Cameroun qui exportait des États-Unis pour environ 89 millions de dollars a été taxé de 11% et la Tunisie de 28%. L’Agoa, un dispositif qui exonérait de droits de douane de 1800 produits africains est devenu obsolète.
La Chine démontre le rapport de force face à cette guerre économique
Même si la plupart des pays ont été considérablement touchés par les droits de douane imposés par Donald Trump, la Chine par contre a su démontrer le rapport de force en ripostant à cette guerre économique. En effet, Pékin a décidé le 10 avril d’appliquer 34% des droits de douane sur les produits américains, en réponse à la stratégie adoptée par le Républicain à Washington. Lorsqu’il était visé par une hausse de 54% sur ses exportations vers les États-Unis, Pékin a ordonné à ses compagnies aériennes de suspendre toute réception d’avions du constructeur américain Boeing. Le poste de Hong Kong a annoncé suspendre les envois de colis à destination des États-Unis.
Le ministère de Commerce a également annoncé des contrôles à l’exportation sur sept éléments de terres utilisées dans l’électronique grand public. La Chine se pose ainsi en championne du libre-échange et locomotive du « Sud global » Par ailleurs, la Chine a déposé une plainte dans le cadre du mécanisme de règlement des différends de l’organisation Mondiale de Commerce (OMC). Néanmoins la rencontre Trump-Xi Jinping en, Corée du Sud fin octobre dernier a permis d’apaiser les tensions. Au sortir de leur tête à tête, le Président Donald Trump a annoncé que des taxes douanières à l’encontre de Pékin allaient diminuer, passant de 57% à 47%. La Chine à son tour a décidé de prolonger d’un an la suspension d’une partie des droits de douane imposés aux produits américains jusqu’à 10% conformément aux engagements pris avec les États-Unis afin de dissiper des mois de tensions. D’où la nécessité de promouvoir le dialogue et la négociation pour résoudre les problèmes commerciaux et garantir la stabilité diplomatique. ACP/

