Kinshasa, 7 août 2026 (ACP).- Le ministre français des Affaires étrangères a assuré vendredi que la France ne tolérerait « aucune tentative d’ingérence étrangère » dans son débat démocratique, à huit mois de l’élection présidentielle, à la suite de plusieurs opérations de déstabilisation attribuées à des réseaux prorusses contre des candidats déclarés ou pressentis, ont écrit les médias internationaux.
« La France ne tolérera aucune tentative d’ingérence étrangère dans son débat démocratique, à plus forte raison dans ses processus électoraux. Ils sont la propriété exclusive et inviolable des citoyens français », a déclaré Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères.
« Qu’un responsable politique étranger exprime une préférence ou un rejet pour une ligne politique dans un autre pays […] ne constitue pas un acte de manipulation du débat public », a-t-il ajouté.
Le chef de la diplomatie a répondu à Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise (LFI), en distinguant les prises de position publiques de responsables étrangers des opérations coordonnées visant à manipuler le débat électoral.
M. Jean-Noël Barrot a toutefois appelé à ne pas confondre ces opérations avec l’expression publique d’une préférence politique par une personnalité étrangère.
Le ministre a défini les ingérences comme des tentatives de falsification reposant sur la diffusion « inauthentique, coordonnée et organisée en ligne » de contenus conçus à l’étranger afin de déformer l’espace informationnel et d’influencer les élections.
Ces opérations visent, selon lui, à promouvoir les intérêts des adversaires de la France, à affaiblir le pays et à fragiliser l’Union européenne.
M. Jean-Noël Barrot a estimé qu’une partie de la réponse devait passer par la régulation des grandes plateformes numériques. Il a également reproché au coordinateur de LFI, Manuel Bompard, de ne pas avoir voté en faveur du règlement européen sur les services numériques, destiné notamment à encadrer les plateformes.
Il a enfin ironisé sur la fermeté affichée par Jean-Luc Mélenchon à l’égard du pouvoir russe, l’accusant d’avoir auparavant redouté que toute opposition à Moscou puisse conduire à « la guerre ».
De son côté, M. Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise avait estimé que la présidentielle française était devenue « open bar pour tous les manipulateurs du monde », citant les interventions de l’ambassadeur d’Israël contre sa candidature, d’Elon Musk contre la dirigeante écologiste Marine Tondelier ainsi que des réseaux russes contre Raphaël Glucksmann.
Il avait appelé Jean-Noël Barrot à « rappeler à l’ordre les divers suprémacistes », reprochant au gouvernement un manque de fermeté.
Plusieurs opérations attribuées à des réseaux prorusses ont récemment ciblé trois candidats déclarés ou potentiels à la présidentielle.
L’ancien Premier ministre Édouard Philippe, président du parti Horizons, a fait l’objet de fausses informations concernant son état de santé.
L’eurodéputé Raphaël Glucksmann, fondateur de Place publique, a été visé à travers sa compagne, la journaliste Léa Salamé, faussement accusée d’avoir soudoyé des médias pour favoriser sa candidature.
L’ancien Premier ministre Gabriel Attal, secrétaire général de Renaissance, a quant à lui été présenté comme pouvant être atteint de la maladie de Parkinson.
Elon Musk avait accusé jeudi Marine Tondelier de « trahison envers la France », après que la candidate écologiste s’était déclarée favorable à la possibilité d’interdire X durant la campagne électorale en cas d’ingérences étrangères.
L’ambassadeur d’Israël en France, Joshua Zarka, avait de son côté déclaré en juin qu’il préférerait « n’importe qui plutôt que Jean-Luc Mélenchon » à l’Élysée.
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