Kinshasa, 1 octobre 2026(ACP).- Un projet d’arrêté ministériel destiné à encadrer l’implantation et l’exploitation des stations-services sur toute l’étendue de la République démocratique du Congo, a été présenté mercredi aux opérateurs du secteur (Cobil, Engen et Total Energies), qui y voient le signal fort d’une modernisation, selon un communiqué consulté jeudi par l’ACP.
« Nous avons constaté, nous les sociétés commerciales, qu’il y a beaucoup de stations qui se mettent juste côte-à-côte ou face-à-face avec nos stations. Avec cet arrêté, nous comprenons que chaque personne, avant d’installer une station-service, doit avoir l’autorisation de l’administration du ministère des Hydrocarbures, qui doit envoyer ses techniciens voir si la distanciation est respectée », a déclaré Placide Mutabunga, directeur général de Cobil S.A, cité dans le communiqué.
« Cet arrêté prend aussi en compte les aspects environnementaux et les résidences familiales aux alentours pour éviter les cas de risques. Ça fait 3 ans que je suis chez Cobil, je vois les anarchies dans les concessions. Je pense qu’avec cette politique, les choses vont être réglementées et tout le monde va s’adapter », a rapporté la source.
Selon ce document, la ministre des Hydrocarbures, Acacia Bandubola, qui s’attaque à la prolifération des stations-services en République démocratique du Congo, a réuni dans son cabinet de travail les directeurs généraux des principales sociétés commerciales pétrolières du pays pour l’assainissement de ce secteur stratégique.
L’arrêté met ainsi fin aux distances de sécurité non respectées, la cohabitation risquée avec des résidences familiales et la concurrence déloyale.
Le projet d’arrêté, qui sera signé et mis en application dans les prochains jours, impose désormais l’obtention préalable d’une autorisation technique de l’administration du ministère des Hydrocarbures avant toute nouvelle construction.
« Une ville moderne a besoin d’une réglementation stricte. L’arrêté est venu au bon moment. Les stations-service font partie des infrastructures essentielles et d’embellissement d’une ville moderne, mais elles nécessitent une réglementation claire », a relevé Moussa Konatéde la société Engen cité dans le communiqué.
« Dans le cadre de la concurrence, si une société comme Engen, Total ou Cobil investit 2 millions de dollars pour bâtir une station aux normes, et que quelqu’un d’autre crée une station à 200 000 dollars sans respecter les règles, cela crée une distorsion. Avoir un secteur réglementé, c’est ce que nous attendons de l’autorité. Engen est plus que partant et cette initiative s’inscrit parfaitement dans nos standards internationaux », a-t-il dit.
Pour le directeur général de Total Energies RDC, M. Cheick Omar Diallo, c’est un signal fort pour sécuriser les investisseurs et les populations.
« C’est une démarche extrêmement positive qui répond à trois défis majeurs : la modernisation du secteur par des règles claires applicables à tous, l’attractivité pour les investisseurs en leur offrant un cadre sécurisant, et enfin la sécurité publique », a indiqué M. Diallo, avant de préciser qu’une station-service n’est pas un endroit neutre, c’est un site où sont stockés des hydrocarbures.
Selon le communiqué, en réglementant, on encadre les risques et on sécurise les populations riveraines. ACP/ Ns/ Mu

