Kinshasa, 1 octobre 2026 (ACP).- En marge de l’examen du projet de loi portant lutte contre la corruption à l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo, la Plateforme de la protection des lanceurs d’alerte en Afrique a indiqué jeudi au cours d’un entretien que l’enjeu pour le gouvernement est d’assurer une meilleure articulation entre prévention et poursuite.
« La RDC dispose déjà de plusieurs dispositions relatives à la corruption dans le Code pénal, à la lutte contre le blanchiment des capitaux, aux marchés publics, aux finances publiques ainsi que de différentes institutions de contrôle. L’enjeu est désormais d’assurer une meilleure articulation entre la prévention, l’enquête, les poursuites, le jugement et le recouvrement des avoirs. », a déclaré Jimmy Kande, directeur Afrique de l’Ouest et francophone de la Plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAAF).
Il a plaidé aussi pour une protection effective des personnes qui contribuent à la détection de la corruption, notamment les lanceurs d’alerte, les témoins, les enquêteurs, les magistrats et les journalistes.
À l’en croire, une proposition écrite dans la loi mais sans mécanisme institutionnel, sans confidentialité, sans moyen restera insuffisante.
Le recouvrement des avoirs constitue une autre priorité soulevée par M. Kande, qui a déploré le fait que des condamnations pour corruption puissent intervenir sans récupération effective des fonds détournés.
Selon lui, la crédibilité de la future loi dépendra donc moins du nombre de ses articles que de sa capacité à modifier concrètement les pratiques.
« Le véritable test de cette loi ne sera pas le nombre de ses articles, mais sa capacité à changer les pratiques », a-t-il dit.
M. Kande a fait savoir qu’une législation anticorruption efficace doit notamment permettre de mener des enquêtes indépendantes, d’engager des poursuites impartiales, d’assurer l’exécution des décisions de justice et, surtout, de récupérer effectivement les fonds et biens issus des détournements.
Pour le directeur Afrique de l’Ouest et francophone de la PPLAAF, le principal enjeu se situe toutefois dans l’application effective du futur dispositif. Il a estimé que la RDC ne souffre pas uniquement d’un manque de textes juridiques, mais surtout de difficultés à assurer leur mise en œuvre.
« Le véritable défi est de passer de la norme à son application effective », a-t-il soutenu.
Le lundi 28 septembre, l’Assemblée nationale a déclaré recevable, le projet de loi portant lutte contre la corruption en République démocratique du Congo. Le texte qui compte 144 articles, sera désormais examiné en profondeur par la commission politique, administrative et juridique de la chambre basse du Parlement. ACP/Ku

