Kinshasa, 11 juillet 2025 (ACP).- La transparence fiscale en République démocratique du Congo a été considérée vendredi, à Kinshasa, comme un levier de développement durable et de la justice sociale, visant une gestion responsable des finances publiques, par un chercheur en économie, lors d’un entretien avec l’ACP.
«La Transparence fiscale est une exigence démocratique et un moteur pour la justice sociale et le développement durable. Pour la RDC, c’est l’opportunité de refonder son contrat social et de construire un avenir équitable, afin de favoriser une gestion responsable des finances publiques, basée sur la lutte contre la corruption, la fraude et l’évasion fiscale», a déclaré Esdras Auga Eleka, chercheur en économie et assistant à l’Université Révérend Kim.
Selon lui, une fiscalité transparente permet à l’Etat de mieux collecter les impôts et d’élargir l’assiette fiscale. Cela augmenterait les recettes publiques disponibles pour financer les besoins de l’économie.
Cette transparence fiscale, a-t-il poursuivi, vise à réduire la pauvreté; accroître l’activité économique ; diminuer les inégalités économiques et sociales ; et renforcer les partenariats.
Il a également souligné que la RDC, malgré sa richesse naturelle, fait face à une faible mobilisation des ressources internes, à une mauvaise gestion fiscale et à une forte inégalité sociale.
A cet effet, la transparence fiscale s’impose ainsi comme un outil stratégique soutenant la croissance et la stabilité de l’économie, pour assurer un développement équitable, durable, et restaurer la confiance et la puissance entre l’Etat et les citoyens.
Il a, par ailleurs, fait savoir qu’une politique fiscale équitable et transparente permet une meilleure redistribution du revenu ou des richesses vers le service essentiel, notamment la santé, l’éducation, les infrastructures et le logement. Son impact est non seulement dans le sens de réduire les inégalités économiques et sociales, mais vise à protéger les groupes vulnérables.
L’adoption d’une loi-cadre sur la transparence fiscale préconisée
Esdras Auga a, à cet effet, recommandé au gouvernement congolais l’adoption d’une loi-cadre sur la transparence fiscale; la modernisation numérique de l’administration fiscale; le renforcement des institutions de contrôle et d’audit; et l’accroissement de la coopération avec les partenaires internationaux.
«La RDC ne dispose pas d’une loi unique sur la transparence fiscale mais s’appuie sur un ensemble de lois et réformes, notamment les lois de finances, la facturation électronique, les engagements internationaux ainsi que des institutions publiques de contrôle comme (l’IGF, DGI, APLC) visant à renforcer la transparence et la lutte contre la fraude et améliorer la gouvernance des finances publiques», a-t-il déploré.
Cependant, dans le souci de renforcer la traçabilité de recettes publique, la RDC a mise en place par le biais du ministère des finances, un dispositif électronique fiscal (DEF) qui permettra à c’est que les données relatives à la TVA soient transmises en temps réel à la Direction générale de l’impôt (DGI), a-t-il conclu. ACP/ODM

