Paix et sécurité en RDC : le sens de responsabilité recommandé aux journalistes

Kinshasa, 24 juin 2025 (ACP).- Le sens de responsabilité a été cité parmi les recommandations faites aux journalistes dans l’exercice de leur métier, à l’ouverture mercredi de l’atelier sur Media Lab : pour un journalisme inclusif, moteur de paix et de sensibilisation tenue mercredi à Kinshasa, capitale de la  République démocratique du Congo (RDC).

«Quatre aspects majeurs auxquels les journalistes doivent s’engager : les responsabilités, les opportunités, les enjeux, les défis et les recommandations. Concernant les responsabilités, il faut l’accompagnement de la mise en œuvre de l’agenda FPS, le suivi des engagements internationaux de la RDC, l’accès à l’information relative aux questions de genre ainsi que le contrôle de l’utilisation des budgets publics alloués aux activités en faveur des femmes», a déclaré Mireille Laurier Affa’a Mindzie, assistante à la Mission de l’organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (Monusco) section Genre.‎

‎«Cependant, faisons ensemble un constat lucide : la narration actuelle de la crise congolaise demeure fragmentée. D’un côté, l’actualité diplomatique, politique et sécuritaire est souvent traitée sous un angle strictement institutionnel et régalien», a-t-elle déploré.

‎«De l’autre côté, les questions liées au genre et à la jeunesse sont souvent reléguées aux pages dites sociales, ou réduites à la seule et douloureuse dénonciation des violences sexuelles. Ce déséquilibre entraîne une lecture partielle et parfois biaisée de la réalité», a-t-elle poursuivi.

‎Selon elle, pendant que les projecteurs sont braqués sur les déclarations officielles, des milliers de femmes se battent chaque jour dans l’ombre pour la prévention des conflits, la médiation locale et la cohésion sociale. Ces voix citoyennes, pourtant indispensables à la résolution des crises, demeurent encore trop invisibles dans le paysage médiatique, a-t-il fait savoir, tout en soulignant qu’en septembre 2025, le Projet mondial de monitorage des médias (GMMP), qui étudie la représentation du genre dans les médias, a rappelé que les femmes ne figurent que dans 26 % de l’ensemble des contenus télévisés, radiophoniques et imprimés à travers le monde, que ce soit comme sujet ou comme source d’information.

A ce sujet, il a aussi été demandé aux professionnels des médias  d’organiser des formations dédiées aux questions de genre, de renforcer les capacités sur l’agenda Femmes, paix et sécurité, de former les journalistes à l’analyse des budgets publics liés aux droits des femmes et de développer une expertise spécialisée dans les questions de genre, a-t-elle ajouté.

‎Mme. Laurier a soutenu qu’une charte des médias pour un journalisme inclusif et de paix sera élaborée à partir des recommandations formulées. Elle favorisera également la création de réseaux de partage d’informations entre les agences des Nations Unies, la société civile et les journalistes, a-t-elle dit, avant d’ajouter que l’utilisation d’un QR Code conçu à cet effet facilitera ces échanges. À l’issue des travaux, des certificats de participation seront remis aux participants pour marquer la clôture de l’activité.

‎ACP / 

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