RDC : la promotion de l’apprentissage recommandée comme solution de l’incompétence des jeunes

Kinshasa, 18 septembre 2026 (ACP)- La promotion de l’apprentissage à travers l’action et la valorisation de l’entrepreneuriat a été recommandée, en vue de résoudre le problème de l’incompétence des jeunes en République démocratique du Congo (RDC), lors d’un entretien vendredi à Kinshasa.

« La solution à l’incompétence des jeunes ne réside pas dans une réforme unique, il faut promouvoir l’apprentissage par l’action, promouvoir le mentorat, valoriser les compétences transversales (numériques, entrepreneuriat, citoyenneté), changer le narratif social, en valorisant les success stories (le récit ou analyse de la réussite d’une personne) », a déclaré Anna-Jacquie Kitoga, coordonnatrice nationale du secrétariat technique national de la Résolution 2250 en RDC.

Pour Mme Kitoga, le système éducatif traverse une crise d’adéquation. Le niveau académique pur reste théoriquement exigeant, il est déconnecté de la réalité économique et professionnelle du pays.

« L’on observe le fossé entre l’école et les entreprises, l’absence de soft skills c’est-à-dire des compétences comportementales, ceci désignent donc les aptitudes humaines et relationnelles, par exemple: la flexibilité de savoir s’adapter au changement, la confiance, l’intelligence émotionnelle, la communication, la gestion du temps, la motivation, la créativité, le système favorise la mémorisation au détriment de la pensée critique » a-t-elle dit.

Elle a rappelé que les jeunes congolais mettent leurs compétences au profit du pays bien qu’ils évoluent plus dans le secteur informel faute d’opportunités structurées.

« Cependant, premièrement cet apport est souvent invisible ou sous estimé par le fait que beaucoup des jeunes talents évoluent dans le secteur informel, faute d’opportunités structurées pour exprimer pleinement leur potentiel. En second lieu, une bonne partie de la jeunesse désespérée par l’absence de reconnaissance ou des moyens, choisit de mettre leurs compétences aux profits d’autres pays et parfois d’organisations internationales. Troisièmement, les réussites individuelles sont nombreuses, mais elles peinent à devenir des modèles collectifs à grande échelle en raison d’un manque de soutien médiatique et étatique », a-t-elle expliqué.

La coordinatrice a révélé que la compétence des jeunes est importante pour résoudre les problèmes économiques ou sociaux en RDC.

« La compétence des jeunes est une clé de voûte de la souveraineté et de la transformation de notre pays. Et devient un impératif pour résoudre les crises économiques et sociales par la transformation du capital humain en moteur économique, la stabilisation du tissu social par l’autonomie, car l’instabilité sociale, qu’elle soit liée à la délinquance ou aux conflits, est souvent le corollaire d’une exclusion économique » a-t-elle martelé.

Elle a soutenu que la compétence des jeunes est le vecteur de paix en conformité de l’Agenda Jeunesse, Paix et Sécurité de la Résolution 2250 du Conseil de sécurité des Nations unies en RDC.

Selon, investir dans la compétence des jeunes congolais, c’est passer d’une logique de gestion de crise à une logique de planification stratégique. C’est le passage d’une jeunesse perçue comme un problème démographique à une jeunesse reconnue comme le premier actif national.

La Résolution 2250 définit le cadre de l’engagement avec les jeunes autour de cinq piliers, à savoir: la participation, la protection, la prévention, les partenariats et l’engagement ainsi que la réinsertion. Elle souligne également le rôle que les jeunes femmes et hommes jouent dans la promotion de la paix et de la sécurité.

ACP/ A/ L/PN

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