RDC : les femmes invitées à réactiver leur force collective pour rétablir l’équilibre institutionnel

Kinshasa, 13 novembre 2025 (ACP).- Les femmes de la République démocratique du Congo (RDC) ont été invitées à réactiver leur force collective pour rétablir l’équilibre institutionnelle, lors d’une déclaration faite jeudi, par une coalition déplorant l’absence de la présence féminine au gouvernement de Kinshasa.
« L’exclusion totale des femmes du gouvernement provincial de Kinshasa est un précédent dangereux. La capitale, symbole de la RDC doit, au contraire, être le modèle de la parité constitutionnelle. Le lobbying de haut niveau sur la parité en RDC, dans sa mission de veille et de plaidoyer institutionnel, invite les femmes congolaises à réactiver et mobiliser leur force collective pour rétablir l’équilibre constitutionnel, rappeler la responsabilité morale et politique des institutions », a déclaré Chantal Yelu Mulop, coordinatrice du forum « Plaidoyer de haut niveau sur la parité en RDC ».

« Notre posture est claire : surveiller, alerter, agir et tenir la ligne, sans compromis, sans fragmentation, sans renoncement », a-t-elle ajouté.

Selon Mme Yelu, la RDC vit un moment charnière. Alors que la Constitution garantit la parité et l’équité de genre, le nouveau Gouvernement provincial de Kinshasa a été publié sans une seule femme.

« Ce fait, d’apparence administrative, révèle en réalité une crise politique silencieuse, un recul préoccupant des acquis obtenus au prix de longues luttes menées par des générations de femmes congolaises depuis Sun City », a-t-elle indiqué.

« Sommes-nous en train de trahir l’héritage de Sun City en acceptant qu’en 2025, au cœur de la capitale, un gouvernement provincial soit publié sans une seule femme, alors que la Constitution et la Loi sur la parité permettent d’annuler toute nomination non conforme ? L’article 14 de la Constitution engage toutes les autorités, sans exception. Les causes doivent être identifiées, notamment le processus de nomination, les arbitrages partisans, le rôle du Gouverneur ainsi que le poids des partis politiques », a-t-elle ajouté, avant de recommander un dialogue avec respect, tout en exigeant des corrections, car la loi prime sur la coutume.

Elle a fait savoir que l’Assemblée a une mission de redevabilité. Elle doit être saisie, elle doit auditionner les exécutifs et exercer son contrôle sur la conformité des nominations à la parité. La parité doit y être appliquée en amont, avec des règles internes, transparentes et opposables, au sein même des partis politiques.

« C’est dans les partis politiques que se forment les listes. Chaque parti politique doit former les cadres politiques à la masculinité positive qui est désormais une exigence démocratique », a-t-elle dit.

Elle a préconisé la transmission de la stratégie des pionnières, les “Amazones de Sun City”, à la nouvelle génération, par le mentorat, les clubs de leadership et la préparation de jeunes femmes à occuper des postes de décision, afin d’assurer la continuité du combat.

Mme Yelu a invité les femmes journalistes à être associées au plaidoyer pour promouvoir la parité à travers des plateformes médiatiques, car le silence médiatique entretient l’injustice.

Sur 26 provinces, seules 14 comptent au moins deux femmes, 7 n’en comptent qu’une seule, 3 n’en comptent aucune, 2 sont sous administration militaire. ACP/JF

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