Kinshasa, 23 août 2026 (ACP).- L’intégration du Genocide pour des fins économiques (Genocost) dans le programme éducatif de la République démocratique du Congo (RDC) a été recommandée, par le directeur général d’une entreprise basée à Kinshasa, capitale du pays, lors dans un entretien dimanche.
« L’intégration du Genocost est prioritaire pour être enseignée dans le système éducatif congolais. Ce qui permettra de mieux expliquer aux élèves ce que signifie le Genocost et ce que cela a fait subir la RDC. C’est une manière efficace de faire connaître à nos enfants l’impact de cette situation meurtrière », a déclaré Christian Kazekele, directeur général de l’entreprise «Frontier Mining Holding Sarl».
Selon lui, bon nombre de congolais ignorent cette situation macabre, il est donc crucial de l’apprendre aux élèves, d’organiser des conférences pour que le message soit largement rependu, les médias doivent mettre davantage l’accent sur ces tragédies, parlant de sa genèse jusqu’à ce jour et de ce qu’elle a fait comme désastre sur notre territoire.
Il a martelé sur la reconnaissance de ces victimes.
« La reconnaissance du Genocost constitue un moment historique. Pendant trop longtemps, les souffrances endurées par des millions de congolais ont été reléguées au second plan, comme si l’ampleur des pertes humaines pouvait être diluée dans l’habitude ou l’indifférence internationale. Se souvenir est donc un devoir. Reconnaître la douleur, nommer les victimes et transmettre la mémoire aux générations futures relèvent d’une exigence morale autant qu’historique », a-t-il relevé, rappelant également comment une nation doit commémorer ses tragédies.
Cependant, la manière dont une nation commémore ses tragédies n’est jamais anodine, a noté le DG de Frontier Mining Holding Sarl, ajoutant qu’une commémoration ne se limite pas à rappeler un événement, elle construit également la mémoire collective qui lui survivra, c’est précisément à ce niveau que certaines interrogations méritent d’être posées.
Pour lui, cet événement mérite des cérémonies peu vives, mais dans un esprit de méditation.
« Je suggère que prochainement les cérémonies de GENOCOST soit célébrée dans un esprit de méditation et de concentration, mais aussi de réflexion sur les pistes que doivent mettre la nation pour mieux honorer ses victimes», a-t-il proposé.
« La question essentielle n’est pas de savoir si nous devons nous souvenir, nous le devons. La véritable question est celle-ci : quelle mémoire voulons-nous transmettre ? Une mémoire qui divertit quelques heures ou une mémoire qui éduque les consciences, interpelle les générations futures et préserve intacte la dignité des victimes ? Car lorsqu’il s’agit d’une tragédie humaine, la fidélité à la mémoire est parfois la plus grande forme de respect », a-t-il dit.
Il a appelé à faire une distinction entre une célébration d’une victoire et la commémoration d’une tragédie.
« L’histoire montre que les peuples qui préservent durablement leur mémoire sont ceux qui savent distinguer la célébration de la commémoration. On célèbre une victoire, on commémore une tragédie. L’une exalte, l’autre interpelle. L’une invite à la réjouissance, l’autre à la conscience », a-t-il soutenu, avant de poursuivre qu’il est possible de soutenir pleinement la reconnaissance du Genocost tout en étant réservé sur certaines modalités de sa commémoration.
Par ailleurs M. Kazekele a indiqué qu’il est donc important de savoir que les deux positions ne sont pas contradictoires, le désaccord sur la forme ne constitue pas un rejet du fond, et ne pas participer à certaines activités ne signifie pas nier la douleur des victimes, alléguant que cela peut simplement traduire le sentiment que la mémoire mérite un cadre plus conforme à la gravité de ce qu’elle porte.
Le Genocost met en avant les violences de masse et les pertes humaines en République démocratique du Congo (RDC) liées à la prédation des ressources naturelles. Une journée nationale de commémoration a été fixée pour le 2 août de chaque année. La loi n°22/065 du 26 décembre 2022 pose les principes de protection et de réparation des victimes, le Fonds national de réparation des victimes (FONAREV).
ACP/ Mad/Ngit/SP/Mok

