Régulation du transport par taxis-motos: le renforcement des inégalités sociales déploré à Kinshasa

Kinshasa, 30 mars 2026 (ACP).– Le renforcement des inégalités sociales et la limitation de l’autonomie des femmes enceintes a été déploré par une association des jeunes, suite à l’adoption d’un édit par l’Assemblée provinciale de Kinshasa (APK), en République démocratique du Congo (RDC), interdisant les femmes enceintes et les mineurs sur les taxis-moto, dans un échange jeudi.

«Nous dénonçons cette mesure qui, sous prétexte de protection, renforce des inégalités sociales et limite l’autonomie des femmes, en particulier des femmes enceintes, en décidant à leur place des conditions de leur mobilité», a déclaré Fiston Mutombo, coordonnateur nationale de l’ASBL « Elenge lamuka na pongi « .

Il a condamné cette décision qui, selon lui, contribue de renforcer la vulnérabilité des femmes et des enfants.

«L’ASBL « Elenge lamuka na pongi », engagée dans la défense des droits citoyens et la promotion de la justice sociale, exprime sa profonde préoccupation face au projet d’édit initié par l’APK visant à interdire l’accès aux taxis-motos aux femmes enceintes et aux mineurs. Nous condamnons fermement cette approche restrictive qui, au lieu de résoudre les problèmes structurels liés à l’insécurité routière, en détourne l’attention et contribue à renforcer davantage la vulnérabilité de ces catégories de la population», a dit M. Mutombo.

«Sous couvert de sécurité routière, cette mesure constitue une atteinte grave aux libertés fondamentales, notamment le droit de circuler librement et sans discrimination. Elle cible de manière injustifiée des catégories déjà vulnérables, sans proposer d’alternatives concrètes adaptées à la réalité socio-économique de la population de Kinshasa», a-t-il ajouté.

Selon le coordonnateur de cette association des jeunes, les véritables causes, notamment l’absence de formation adéquate des conducteurs, le non-respect du code de la route, le surcharge, le manque de contrôle et l’état dégradé des infrastructures demeurent ignorées par les autorités urbaines.

«Les vraies causes demeurent ignorées par les autorités. En conséquence, l’ASBL « Elenge lamuka na pongi rejette catégoriquement ce projet d’édit en l’état exige l’ouverture d’un dialogue inclusif avec les acteurs de la société civile», a-t-il indiqué, avant d’appeler à l’élaboration de politiques publiques responsables, centrées sur la sécurité pour tous, sans discrimination.

M. Mutombo a, en outre, encouragé les autorités à investir dans des solutions durables à savoir : la formation des conducteurs, la régulation stricte du secteur, l’amélioration des infrastructures routières et la mise en place d’alternatives de transport accessibles, tout en réaffirmant l’engagement de sa structure à défendre une société équitable où chaque citoyen, sans distinction, jouit pleinement de ses droits.

Initiée par le député Nicolas Wemankoy, élu de Ngaliema, la proposition d’édit portant réglementation des transports par taxi motos dans la ville de Kinshasa a été voté par les députés provinciaux au cours de la plénière en continuation le vendredi 24 avril 2026. Cet édit attend sa promulgation par le gouverneur de Kinshasa avant son entrée en vigueur d’ici 90 jours après son adoption.

ACP/ODM

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