Révision constitutionnelle : les PVH déposent un argumentaire au secrétariat permanent de l’Union sacrée

Kinshasa, 26 juin 2026 (ACP).-  Un argumentaire en faveur de la révision de la Constitution de la République démocratique du Congo (RDC) a été déposé par la ministre déléguée en charge des Personnes vivant avec handicap et autres personnes vulnérables (PVH-APV) au secrétariat permanent de l’Union sacrée de la nation, a-t-on appris vendredi de source officielle.

«Accompagnée des membres de mon cabinet et d’une délégation des leaders des personnes vivant avec  handicap, nous sommes venus déposer un mémorandum auprès du secrétaire permanent de l’Union sacrée de la nation, le professeur André Mbata dans son bureau de travail, un mémorandum contenant l’argumentaire des personnes avec handicap en faveur d’un changement de la Constitution actuelle jugée non conforme à la convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées, ratifiée par la RDC en 2015», a déclaré Irène Esambo Diata, ministre des PVH-APV.

Selon la ministre, dans ce document, les représentants des personnes vivant avec handicap  et le ministère de tutelle saluent les avancées enregistrées sous l’impulsion du Président de la République, notamment la création d’un portefeuille ministériel dédié aux personnes handicapées ainsi que les diverses réformes institutionnelles et administratives destinées à promouvoir leurs droits et leur inclusion.

Cependant, ils estiment que ces efforts demeurent limités suite aux insuffisances de la Constitution du 18 février 2006, révisée en 2011, a-t-elle dit, avant d’ajouter que plusieurs dispositions de la loi fondamentale restent en contradiction avec les principes consacrés par la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées.

Par ailleurs, Mme Esambo a fait savoir que les leaders des personnes vivant avec handicap rappellent que cette convention impose aux états parties l’adaptation de leurs cadres constitutionnels et légaux afin de garantir l’égalité des chances, l’accessibilité et la participation effective des personnes handicapées dans tous les domaines de la vie nationale.

Parmi les préoccupations soulevées figure l’absence de reconnaissance de la langue des signes parmi les langues nationales de la RDC. Pour ce, le mémorandum dénonce également le manque de mécanismes constitutionnels favorisant la promotion de l’écriture Braille ainsi que l’insuffisante prise en compte des besoins spécifiques des personnes vivant avec handicap dans plusieurs secteurs, a-t-elle dit.

Ils regrettent ce que stipule l’article 49 de la Constitution qui  place les personnes avec handicap dans la même catégorie que les personnes du troisième âge et les retraités, une situation qu’ils considèrent comme une atteinte à leur statut social et à leur pleine citoyenneté.

Les représentants des personnes avec vivant avec handicap soulignent également l’absence de quotas de représentativité dans les institutions publiques et privées, alors que cette mesure est encouragée par les instruments internationaux de protection des droits des personnes handicapées.

En outre, concernant la gratuité de l’enseignement, la Constitution limite cette garantie à l’enseignement de base, sans prendre suffisamment en compte les besoins des enfants handicapés nécessitant un enseignement spécialisé.

Pour les leaders des personnes avec handicap, ces insuffisances démontrent la nécessité d’adopter une nouvelle Constitution plus inclusive, capable d’intégrer les standards internationaux relatifs aux droits des personnes handicapées et de garantir leur pleine participation à la vie politique, sociale, économique et culturelle du pays. ACP/K/K/Mok

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