Kinshasa, 29 septembre 2026 (ACP). – La République démocratique du Congo a demandé, mardi, au Conseil de sécurité de suspendre toute nouvelle participation, tout déploiement ou toute rotation de contingents rwandais dans les opérations de paix de l’ONU jusqu’au retrait vérifié des forces rwandaises du territoire congolais, a déclaré l’ambassadeur Zénon Mukongo.
« Force est de constater que ces obligations demeurent largement inexécutées par Kigali », a affirmé le représentant permanent de la RDC auprès des Nations Unies, lors de la 10.232e séance du Conseil de sécurité consacrée à la situation en RDC.
M. Mukongo a rappelé que la résolution 2773, adoptée à l’unanimité en février 2025, demande notamment au M23 de cesser les hostilités et de se retirer des zones contrôlées, tandis qu’elle appelle les Forces de défense rwandaises à cesser leur soutien au mouvement et à se retirer sans condition du territoire congolais.
« Le Conseil ne peut tolérer, dans ses opérations de maintien de la paix, des membres qui agissent simultanément en pompiers et en pyromanes », a-t-ildéclaré, estimant que l’application de ces obligations engage directement « l’autorité même de ce Conseil et la crédibilité de ses décisions ».
L’ambassadeur congolais met en avant les engagements
L’ambassadeur congolais a soutenu que Kinshasa respecte ses engagements dans les processus de Doha et de Washington, avant de citer les premières missions de vérification effectuées à Minembwe, dans le Sud-Kivu, et à Masisi, au Nord-Kivu, dans le cadre du mécanisme conjoint de vérification élargie plus.
Sur le dossier des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), il a rappelé la signature, le 30 mai 2026, d’un protocole de désarmement, de démobilisation et de cantonnement des combattants, destiné à faciliter leur retour au Rwanda. Il a également fait état de l’adhésion, le 29 août, de plusieurs groupes à cette démarche de dépôt volontaire des armes.
La RDC a demandé au Conseil de sécurité et à la Monusco de soutenir activement ce processus et d’en accompagner la vérification. Cette position s’inscrit dans la ligne déjà défendue par Kinshasa au Conseil, qui insiste sur la mise en œuvre intégrale de la résolution 2773 et sur le rôle de la Monusco dans le suivi du cessez-le-feu.
Kinshasa dénonce une frappe à Pinga
Vue des membres du Conseil de sécurité de l’ONU
Abordant la situation militaire, Zénon Mukongo a dénoncé une frappe de drone de type TB2 des Forces de défense rwandaise contre une position congolaise à Pinga, le 28 septembre, qui aurait fait cinq morts et huit blessés graves.
Il a demandé que cet incident soit vérifié par les mécanismes compétents, notamment le mécanisme conjoint de vérification élargie plus, avec l’appui de la Monusco, et que le Conseil de sécurité condamne les violations du cessez-le-feu.
Le diplomate congolais a également dénoncé l’établissement d’administrations parallèles dans les zones contrôlées par le M23/AFC, ainsi que des informations faisant état, selon Kinshasa, de déplacements et de transferts de populations. La résolution 2773 condamne précisément l’établissement de structures administratives parallèles sur le territoire congolais.
La RDC a par ailleurs insisté sur la nécessité de maintenir une Monuscocapable de contribuer à la protection des civils, au suivi du cessez-le-feu et à l’accompagnement du processus de désarmement des FDLR.
ACP/PM/ B./ Ng

