Des sanctions exigées contre la violation du cessez-le-feu dans l’Est de la RDC

Kinshasa, 21 septembre 2026 (ACP).- Des sanctions ciblées contre les responsables de violation du cessez-le-feu dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) ont été exigées lundi, par un acteur de la société civile dans un échange avec l’ACP.

« La paix ne peut pas être construite sur l’impunité. Lorsqu’un cessez-le-feu est violé, il doit y avoir des conséquences politiques, diplomatiques, économiques et, lorsque les conditions juridiques sont réunies, des sanctions ciblées contre les responsables. Il faut sortir de la diplomatie des communiqués pour entrer dans la diplomatie des résultats », a déclaré Jonas Tshombela, Coordonnateur de la nouvelle société civile congolaise.

« La communauté internationale ne peut pas demander indéfiniment aux Congolais de respecter des accords pendant que ceux qui les violent semblent pouvoir recommencer sans conséquences à la hauteur des actes commis. Nous devons également être clairs sur la responsabilité régionale. La RDC considère le Rwanda comme un acteur majeur de cette crise et dénonce son soutien au M23-AFC; Kigali conteste ces accusations », a-t-il ajouté.

M. Tshombela a rappelé que le Conseil de sécurité lui-même a exigé, dans sa résolution 2773 de février 2025, que le M23-AFC cesse les hostilités et a demandé à l’armée rwandaise  de cesser son soutien à ce mouvement rebelle et de retirer ses forces du territoire congolais. « Le problème est donc moins l’absence de textes que l’absence d’une mise en œuvre suffisamment contraignante et systématique de ces décisions », a-t-il martelé.

« Le peuple congolais est fatigué des cessez-le-feu qui sont annoncés, violés et jamais réellement sanctionnés. Depuis des années, nous assistons à une succession de processus diplomatiques  Luanda, Nairobi, Doha, Washington et autres mécanismes alors que, sur le terrain, les populations continuent de mourir, de fuir leurs villages et de vivre sous la menace des groupes armés », a poursuivi M.Tshombela.

Pour lui, la question que les Congolais devraient  poser à la communauté internationale est celle de savoir  combien de morts faudra-t-il encore pour que la souffrance du peuple congolais soit considérée comme une urgence internationale ?  

« La RDC possède des minerais stratégiques indispensables à l’économie mondiale. Lorsque des minerais provenant de zones affectées par le conflit entrent dans les chaînes d’approvisionnement internationales, la question de la responsabilité des acheteurs, des négociants et des États qui contrôlent ces chaînes se pose nécessairement », a-t-il enchaîné avant de se poser la question de savoir « qui achète les minerais issus des zones de conflit? »

ACP/MUK.

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