Droits humains : plus de 17.000 cas de violations recensés à Goma et Bukavu

Kinshasa, 22 février 2026 (ACP).- Plus de 17.000 cas de violations humaines commises par la coalition armée rwandaise-M23-AFC à Goma et Bukavu (Nord-Kivu et Sud-Kivu) dans l’Est de la République démocratique du Congo, ont été recensés dans un rapport sur la situation des droits humains, présenté samedi à Kinshasa, selon un communiqué.

« Des experts de différents ministères, de la société civile et d’ONG de défense des droits de l’homme ont concouru à la rédaction de ce rapport présenté à la Première ministre. Ce document énumère, preuves à l’appui, les atrocités inhumaines perpétrées à Goma par le M23/AFC, supplétifs du Rwanda. (…) Au moins 17.015 cas d’atteinte à la vie et à l’intégrité physique ont été renseignés, dont 15.769 cas d’atteinte à la vie, 829 cas d’enlèvement et 417 cas de torture et autres traitements inhumains. Ces violences sont à l’origine de déplacements forcés. À ce jour, l’on compte environ 7,4 millions de déplacés internes et externes », a-t-on lu dans le communiqué de la Primature, en marge de la clôture de l’atelier de publication du rapport sur la situation des droits humains à Goma et à Bukavu.

D’après la source, cette démarche du gouvernement Congolais vise à éclairer le monde sur les affres commis dans l’Est du pays contre le peuple Congolais afin de mettre fin à l’impunité.

Pour sa part, le ministre des Droits Humains, organisateur de cet atelier, a présenté plusieurs recommandations formulées par les experts à l’intention du gouvernement et de la communauté internationale.

Au gouvernement Congolais, il s’agit entre autres, de mener un plaidoyer aux Nations Unies pour la création d’un Tribunal pénal international pour les crimes commis en RDC ; de veiller à ce que les auteurs et complices des violations des droits humains ne soient pas intégrés dans les institutions de la République sans avoir préalablement rendu compte de leurs actes devant la justice; et de poursuivre les efforts de renforcement des capacités des forces de défense et de sécurité pour la protection de l’intégrité et de l’indépendance de la RDC.

Ce rapport sera le fer de lance de notre plaidoyer pour la reconnaissance du génocide congolais

(Première ministre)

La Première ministre Judith Suminwa

Dans son allocution, la Cheffe du gouvernement a affirmé que ce rapport est crédible, solide et prêt à être porté devant la communauté internationale.

« Loin d’être un énième rapport, il s’agit d’un document stratégique pour dire non à l’impunité. Mon gouvernement s’engage solennellement à porter ces recommandations au plus haut niveau. Nous agirons pour que justice soit faite. Ce rapport sera le fer de lance de notre plaidoyer pour la reconnaissance du génocide congolais et pour que les responsables (le Rwanda et ses supplétifs) répondent enfin de leurs actes », a déclaré Judith.

Elle a appelé tous les Congolais à la mobilisation générale : « Faisons en sorte que ce rapport résonne partout où la justice est attendue », avant de saluer la bravoure des experts, des défenseurs des droits de l’homme et de la société civile qui refusent l’impunité, souvent au péril de leur vie.

La société civile contre toute démarche politique disculpant les auteurs de crimes dans l’Est

De son côté, Jonas Tshiombela, représentant de la société civile, a rendu hommage au Président de la République et au gouvernement centra,l pour leur engagement institutionnel en faveur de la vérité, de la justice et de la paix, avant de préciser que la société civile reste contre toute démarche politique disculpant les auteurs de crimes dans l’est du pays.

« La paix durable ne peut se bâtir sur l’oubli des victimes ni sur le silence face aux crimes », a-t-il insisté.

Pour Paul Nsapu, président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), les violations documentées (assassinats, meurtres, violences sexuelles, enlèvements, arrestations arbitraires, actes de torture, fosses communes, pillages, destructions de biens publics et privés, écoles), traduisent des vies brisées et une atteinte profonde à la dignité du peuple Congolais.

« La CNDH réaffirme avec force son engagement constitutionnel et légal à recevoir les plaintes, mener les enquêtes, établir les faits, porter la voix des victimes, documenter les violations des droits de l’homme et contribuer activement à la lutte contre l’impunité, tant au niveau national, régional qu’international », a-t-il conclu.

ACP/C.L.

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