RDC : les stratégies de résilience d’un écosystème forestier, objet d’une thèse

Kinshasa 22 février 2026 (ACP).- La conservation de la biodiversité en soutenant la résilience des forêts de Kindu, Chef-lieu de la province du Maniema dans le centre-Est de la République démocratique du Congo, a fait l’objet d’une thèse doctorale soutenue, samedi, à l’Université pédagogique nationale (UPN), à Kinshasa. 

« Le thème Dynamique socio-spatiale et déforestation de Kindu et ses environs; une étude des stratégies de résilience des écosystèmes forestiers, contribue à la conservation de la biodiversité en soutenant la résilience des forêts de Kindu », a révélé le chef de travaux Stanislas Choma, auteur de la thèse.

D’un point de vue de la croissance démographique, a-t-il ajouté, cette thèse a démontré que la ville de Kindu a connu une croissance soutenue entre 1986 et 2000. Le changement de son statut administratif de chef-lieu de district au chef-lieu de province en 1988 a entraîné un flux important de la population. Entre 2001 et 2020, a précisé le chef de travaux, la population a considérablement augmenté du fait de l’exode rural et des guerres répétitives. Son bilan migratoire entre 2015 à 2020 est positif.

« Les principaux facteurs directs de la déforestation sont l’agriculture familiale itinérante sur brûlis, la production du charbon de bois et l’exploitation du bois d’œuvre. Les facteurs sous-jacents sont la croissance démographique et l’urbanisation anarchique. Cette déforestation entraîne entre autres comme conséquences, une perturbation des saisons culturales, la modification incessante de la biodiversité, des érosions et des inondations », a indiqué l’auteur de la thèse, avant de dévoiler que dans le souci d’assurer la résilience des écosystèmes forestiers, l’étude a proposé un modèle de la communautarisation des forêts tenant compte des savoirs coutumiers en vue de leur gestion durable.

Face à ce tableau sombre, le récipiendaire a suggéré l’implication des communautés locales dans la gestion des forêts, qui selon lui, est un moyen pour leur pérennisation.

« Les stratégies de lutte contre la déforestation et la conservation des forêts de Kindu et ses environs seraient l’implication des communautés locales notamment par l’aménagement des forêts et l’application des techniques de reboisement, de boisement, de régénération naturelle assistée, l’agroforesterie et l’interdiction des coupes illicites du bois ait que l’urbanisation planifie », a-t-il recommandé, tout en expliquant que le modèle de gestion forestière communautaire constitue une voie originale et efficace de conservation des écosystèmes forestiers du milieu. 

D’après lui, ce modèle de gestion renforce la résilience socio écologique et la légitimité des pratiques de gestion durable.

« La promotion de l’agroforesterie dans un milieu où la technique de culture fondée sur l’itinérance des champs favorisera la sédentarisation de l’agriculture durable. Elle apportera en outre l’amélioration de la fertilité des sols et des revenus des paysans », a-t-il insisté.

Le candidat a été proclamé docteur en sciences avec la mention « grande distinction ».

ACP/C.L.

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