Kinshasa, 15 mai 2026 (ACP).- La Société civile nationale du Congo a alerté sur les risques sécuritaires liés aux pratiques de transbordement observées aux frontières orientales de la République démocratique du Congo, estimant qu’elles favorisent les trafics illicites et le ravitaillement des groupes armés actifs dans cette partie du pays, dans un document de plaidoyer consulté vendredi par l’ACP.
« Ces pratiques faciliteraient l’entrée clandestine d’armes, de munitions, de drones, de bombes et d’équipements militaires contrefaits destinés à imiter ceux des FARDC », a-t-on lu dans le texte signé par Evariste Bulaimu, président national de cette structure citoyenne.
La source a, en outre, dénoncé l’utilisation frauduleuse des circuits commerciaux pour approvisionner les groupes armés opérant dans l’Est de la RDC.
Selon le document, le système de transbordement observé dans plusieurs postes frontaliers favorise notamment le mélange de marchandises appartenant à différents importateurs, le chargement de plusieurs conteneurs dans un seul camion-remorque ainsi que l’utilisation d’une seule licence d’importation pour plusieurs cargaisons.
La Société civile nationale du Congo a estimé que ces irrégularités contribuent également à l’introduction clandestine de faux billets de banque, notamment des dollars américains et des francs congolais contrefaits, aggravant ainsi la dépréciation de la monnaie nationale et le financement des réseaux criminels.
Outre les enjeux sécuritaires, l’organisation a dénoncé d’importantes fraudes douanières liées aux fausses déclarations sur le poids, la valeur et l’origine des marchandises importées, occasionnant des pertes financières considérables pour les régies de l’État, notamment la DGDA, la DGI et la DGRAD.
Elle a également fait état de l’importation clandestine de drogues, de stupéfiants, de boissons fortement alcoolisées ainsi que de produits manufacturés contrefaits, notamment des produits pharmaceutiques, brassicoles, des cigarettes et des tissus Wax.
Face à cette situation, la structure citoyenne a plaidé pour une réforme du régime du transbordement prévu dans le Code des douanes, proposant notamment l’interdiction de la rupture des scellés douaniers sans autorisation préalable et l’utilisation obligatoire de conteneurs normalisés de 20 et 40 pieds dans les opérations d’importation et d’exportation.
La Société civile nationale du Congo a également recommandé la construction de méga entrepôts publics et de salles modernes de surveillance dans plusieurs postes frontaliers stratégiques de l’Est du pays, notamment à Bunagana, Kasindi, Aru, Bukavu et Goma.
Enfin, elle a appelé les autorités congolaises à renforcer la surveillance des frontières terrestres et lacustres, particulièrement sur les lacs Kivu, Tanganyika, Édouard et Albert, afin de lutter efficacement contre les trafics illicites et l’insécurité dans la région.
ACP/C.L.

