Kinshasa, 20 septembre 2026 (ACP).-L’appropriation du décret portant statut de l’artiste et du professionnel de la culture, signé le 24 juin 2025 par le Gouvernement en République démocratique du Congo, s’avère indispensable pour les musiciens de professionnaliser la pratique artistique, selon une source académique contactée samedi par l’ACP.
« Je pense que plus les artistes s’approprient ce cadre réglementaire, mieux ils sauront défendre leurs droits d’auteur et droits voisins et moins ils vivront dans la vulnérabilité économique. C’est un texte qui vise à sécuriser leur métier », a déclaré Nadège Mitshindu Bope, préfète des études à l’Institut des arts du spectacle (INAS).
D’après elle, l’analphabétisme juridique en matière de droits d’auteur et droits voisins constitue un frein à la professionnalisation des artistes en RDC, où plusieurs créateurs continuent de produire et de diffuser leurs œuvres sans maîtrise du cadre légal ni des mécanismes de rémunération.
Selon Mme Bope, cet état de fait trouve son origine dans l’informalité qui a longtemps caractérisé de nombreux ensembles musicaux au pays.
« Le milieu a longtemps fonctionné avec des orchestres non formalisés, gérés comme des “ligablos” de leurs leaders, où des musiciens-interprètes sont recrutés comme de simples “petits ya vieux” sans base contractuelle, la question des droits d’auteur et des droits voisins étant ignorée ou méconnue. Ce fonctionnement informel est à la base de la précarité de nombreux instrumentistes », a-t-elle soutenu.
Par ailleurs, elle a évoqué le phénomène observé sur les réseaux sociaux où de nombreux musiciens revendiquent leurs droits.
« Aujourd’hui sur les réseaux sociaux et ailleurs, on voit plusieurs musiciens réclamer leurs droits et dénoncer l’exploitation de leurs œuvres, sans pour autant maîtriser les mécanismes légaux prévus pour leur protection », a-t-elle fait observer.
Pour elle, cette situation expose davantage les créateurs à la vulnérabilité. « Beaucoup produisent et diffusent sans contrat, sans affiliation à une structure de gestion collective, ce qui les fragilise davantage », a-t-elle conclu.
Notons que ce décret portant statut de l’artiste et du professionnel de la culture vise, entre autres, la reconnaissance légale du métier d’artiste, l’instauration du contrat comme base de toute collaboration, la garantie des droits d’auteur et droits voisins ainsi que l’accès à une protection sociale, en vue de la professionnalisation et de la sécurisation du secteur culturel en République démocratique du Congo.
*ACP/ STJ (SP)

