Les armées congolaise et kenyane déploient des patrouilles mixtes à Goma

Goma, 22 novembre 2022 (ACP).- L’armée congolaise et celle kenyane de la Force régionale de la  Communauté des Etats de l’Afrique de l’Est (EAC) déploient, dès ce jour, des patrouilles mixtes dans la ville de Goma, dans l’objectif de sécuriser la population de cette entité.

« Que la ville de Goma reste en sécurité. Ses habitants sont appelés au calme car tout est mis à contribution pour sa quiétude. Des patrouilles mixtes sont actuellement effectuées dans la ville et ses environs dans le but de sécuriser la population », a déclaré, mardi, le commandant de la Force régionale, le général-major Jeff Nyagah, à l’issue de son entretien avec le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le lieutenant général Constant Ndima Kongba. « Nous sommes venus appuyer les FARDC dans la traque des groupes armés qui sèment l’insécurité dans l’Est de la RDC », notamment le M23 qui endeuille le Nord-Kivu et pousse à l’errance des milliers de déplacés.

Le général-major Jeff Nyagah qui a promis l’appui aux FARDC en vue d’éradiquer les groupes rebelles sévissant dans la partie orientale de la RDC, dont le M23, a également fait savoir que « l’heure est au déploiement de même qu’à la planification des opérations », soulignant qu’il faut plus de patience car « les questions militaires vont progressivement ».

Les troupes des forces armées kenyanes à présentes à Goma (Nord-Kivu), dans le cadre de la force militaire régionale d’East African community (EAC), sont aujourd’hui constituées de 200 éléments.

De la Force militaire régionale

Réunis le 20 juin dernier à Nairobi, dans le cadre du 3ème Conclave sur la situation sécuritaire dans la partie orientale de la RDC, sur invitation d’Uhuru Kenyatta, alors président en fonction du Kenya, les Chefs d’Etat de la Communauté́ de l’Afrique de l’Est (EAC) avaient approuvé le déploiement de la Force militaire régionale dans l’Est du pays, mais sans la participation  de l’armée rwandaise.

Dans le communiqué sanctionnant ce 3ème Conclave régional sur la RDC, les Chefs d’Etat de l’EAC avaient avalisé cette décision, dans la série des mesures visant à promouvoir la paix, la stabilité et le développement dans l’Est de la RDC et dans la grande région d’Afrique de l’Est.

Par ailleurs, les Chefs d’Etat de l’EAC avaient déclaré, au cours dudit conclave, « les provinces de l’Ituri ; du Nord-Kivu (Bunagana, la plupart des régions du petit Nord, Masisi, Lubero, axe principal Beni-Kasindi) et du Sud-Kivu, « Zones sans armes ».

Le parlement kenyan avait approuvé, début novembre, le déploiement de 900 soldats dans le cadre de la force est-africaine pour stabiliser l’est la RDC, en proie depuis près de trois décennies aux attaques de groupes armés.

Depuis le 12 novembre, ce déploiement est effectif avec l’arrivée de deux avions transportant environ une centaine de militaires kényans, qui ont atterri à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu.

Le mercredi 16 novembre, un deuxième groupe d’éléments de l’armée kenyane est arrivé à Goma. Ensemble avec la centaine déjà sur place, ces militaires ont pour mission de préparer l’arrivée du gros des troupes, dont la date de déploiement n’est pas encore précisée.

Le contingent des forces de défense du Burundi, composé de plus de 600 hommes, est entré depuis le lundi 15 août 2022 sur le territoire congolais. Ces soldats sont cantonnés au centre d’instruction de Luberizi au Sud-Kivu, précise-t-on.

Les pourparlers de Nairobi

Les pourparlers de Nairobi, placés sous l’égide de la Communauté des États d’Afrique de l’Est, entre le gouvernement et les groupes armés, qui devaient démarrer ce lundi 21 novembre dans la capitale kenyane, ont été reportés, selon des sources gouvernementales. Il s’agit, note-t-on, du deuxième report de ces pourparlers initialement prévus pour le 16 novembre.

Ces consultations de paix entamées depuis le mois de mai dernier incluent, outre la partie gouvernementale, des dizaines de groupes armés, originaires du Nord et du Sud Kivu, du mais aussi de l’Ituri.

Depuis la reprise des affrontements entre le M23 et FARDC, les délégués du mouvement du 23 mars présents dans la capitale du Kenya ont été exclus et n’ont plus pris part aux discussions. Déclaré depuis « groupe terroriste » par le gouvernement congolais, le M23 a continué de mener des offensives contre l’armée loyaliste, qui le contient dans le territoire de Nyiragongo, aux alentours de Kibumba, à une vingtaine de kilomètres de Goma.

Le processus de Nairobi, précise-t-on, met l’accent notamment sur deux aspects : les engagements du gouvernement par rapport au DDR et les mécanismes de justice transitionnelle, dont les réparations des préjudices causés et la responsabilisation des auteurs que réclament les communautés locales, et sur lesquels insistent les partenaires internationaux. ACP/

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