Kinshasa, 23 janv.2023(ACP)-Le ministère de l’enseignement supérieur et universitaire (ESU), entre depuis 2021 à un virage important de l’application de la loi cadre de février 2014 portant organisation de l’enseignement national, une réforme au centre de l’action de son responsable, le ministre Muhindo Nzangi.
La réalisation de l’audit organisationnel et l’enquête de viabilité sur toute l’étendue du territoire national, la fermeture des établissements non viables et la tenue des états généraux de l’ESU aboutissant à la prise de 329 résolutions appuyent ladite réforme, en dépit de l’ouverture de l’année académique 2021-2022 sur fond de crise : la grève généralisée du personnel et des manifestations des étudiants qui réclament la reprise des activités académiques.
L’Etat congolais, pouvoir organisateur de ce secteur de l’ESU agissant en amont d’autres secteurs de vie nationale à cause de sa triple mission : l’enseignement et la formation de l’élite intellectuelle, de la recherche et des services à rendre à la société, devra en urgence porter un regard de dialogue et de solution, s’il tient à une réforme profonde.
De l’audit organisationnel
Le ministre de l’ESU, Muhindo Nzangi avait diligenté aux mois de juin, juillet et août 2021 sur toute l’étendue du territoire national de la RDC, une enquête de viabilité et un audit organisationnel.
L’objectif principal était d’assainir ce secteur de l’ESU face à la prolifération et au fonctionnement des établissements de l’ESU non conformes aux normes ou critères de viabilité, compromettant la qualité de l’ESU.
Les infrastructures appropriées, le corps professoral requis, l’autorisation de fonctionnement, les cliniques universitaires pour les facultés de médecine ainsi que des laboratoires et des ateliers, sont autant des critères de viabilité d’une institution viable de l’ESU.
Depuis les mois de novembre et décembre 2021, le ministre de l’ESU a procédé à la publication des résultats de cette enquête de viabilité dont à ce sur plus de mille deux cents(1200) établissements que compte ce secteur, plus de quatre cents institutions non viables ont été fermées.
Pour les facultés de médecine, sauf 16 facultés ont été autorisées de fonctionner dans l’ensemble du pays. Neuf autres facultés ont été placées sous tutelle des facultés viables dans le cadre des mesures conservatoires.
Généralisation de LMD, l’une de 329 résolutions des états généraux
La RDC est en phase d’application des 329 résolutions états généraux de l’ESU, qu’avait convoqué le ministre de l’ESU Muhindo Nzangi sous le haut patronage du Président de la République , Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, du 06 au 14 septembre 2021 à Lubumbashi dont l’objectif poursuivi était , de redresser, redéfinir, assainir et réformer en profondeur le secteur de l’ESU.
La généralisation de système éducatif de Licence-Master-Doctorat(LMD), l’une de 329 résolutions des états généraux, est une étape importante de l’application de la Loi- cadre de 2014.
Une commission avait été mise sur pied lors de ces états généraux pour relever les plus 190 dispositions de la loi cadre dans le secteur de l’ESU, évaluer l’état d’exécution de différentes réformes et recenser les actes déjà pris dans le cadre de ces réformes contenues dans la loi cadre.
Parmi ces résolutions prises par les 500 experts lors de ce grand forum, figurent, notamment l’arrimage à ce processus de Bologne LMD, la numérisation des universités et instituts supérieurs pour un enseignement correspondant aux standards internationaux, la création de fond de recherche.
Les experts de l’ESU ont validé dans le cadre de cet arrimage au LMD, les nouvelles offres de formation en vue de la mise en œuvre effective de ce système, déjà généralisé par le ministre, dans tous les établissements tant publics que privés de l’ESU.
Ces programmes de formation devront renforcer la qualité, la professionnalisation et l’internationalisation de l’ESU.
L’application de ces résolutions conçues pour la mise en œuvre de ladite réforme, permettra aux universités congolaises qui ne figurent pas sur la liste des meilleures universités en Afrique et au monde, de régler leur tir, pour paraitre dans ce classement.
L’année académique 2021-2022 dédiée à Mgr Tshibangu
Le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire(ESU), Muhindo Nzangi Butondo a ouvert officiellement mercredi 05 janvier 2022 sur toute l’étendue du territoire national, à l’Académie des beaux-arts(ABA) à Kinshasa, l’année académique 2021-2022, qu’il a dédiée à Mgr Tharcisse Tshibangu Tshishiku , président du Conseil d’administration des universités du Congo, pour s’être impliqué de son vivant à toutes les réformes de l’ESU.
Ladite année académique, est une année des enjeux et d’effervescence dans ce secteur.
Le Ministre de l’ESU avait salué la mémoire de cette figure emblématique, Mgr Tshibangu, décédé le 29 décembre 2021 à l’âge de 88 ans dont sa vie a été associée aux différentes mutations de l’ESU notamment celles de 1971, de 1981, la loi cadre portant organisation de l’enseignement national de 2014 et la tenue des états généraux de l’ESU à Lubumbashi du 06 au 14 septembre 2021.
Mgr Tshibangu, premier recteur noir de l’Université Lovanium, ancêtre de l’Université de Kinshasa(UNIKIN), a été immortalisé par son inhumation dans un mausolée construit à l’UNIKIN.
Pour ses loyaux services rendus à la République, le Président Tshisekedi l’avait décoré au grade de « Grand cordon » de l’ordre national des héros nationaux Kabila-Lumumba.
L’ouverture officielle de cette année académique 2021-2022, a été précédée, en décembre 2021, par la présentation officielle par le ministre de l’ESU, de l’Instruction académique 023 portant 249 directives de l’année 2021-2022.
Le ministre est revenu sur plusieurs directives qui appuient la réforme de l’ESU, la fixation des frais d’études reconduites ainsi que les frais connexes, la clé de répartition de ces frais, les frais destinés aux efforts de construction en vue de renforcer l’auto-prise en charge des établissements de l’ESU.
Une grève généralisée
Les professeurs, les chefs de travaux, les assistants et autre personnel technique et ouvrier, s’observent dans les établissements publics de l’ESU, bientôt trois semaines, un mouvement de grève généralisée qui a paralysé les activités académiques dans les milieux universitaires congolais.
Depuis l’ouverture de ladite année académique, cette grève généralisée n’a pas permis un bon climat de travail notamment des délibérations des étudiants pour les examens de la 2ème session.
Ces derniers réclament l’amélioration des conditions salariale et du travail, la mécanisation des nouvelles unités.
Des moyens financiers
Par ailleurs, le Président de la République, grand chancelier des universités congolaises, en plus de homes de l’UNIKIN qu’’il avait impulsés les travaux de réhabilitation et modernisation, vient de permettre à la disposition des étudiants des bus à travers le projet « Trans-academia », pour alléger les conditions de mobilité vers leurs établissements.
Le ministre de l’ESU, Muhindo Nzangi, a réaffirmé maintes fois, sa bonne volonté et son engagement d’aller jusqu’au bout pour réformer le secteur de l’ESU comme prôné par le président de la République et le gouvernement en vue de l’adéquation formation –emploi..
La réussite de cette réforme profonde en RDC, est tributaire notamment des moyens financiers devant être canalisés vers la rémunération du personnel, la dotation des outils didactiques, des laboratoires et ateliers, l’élargissement et la construction des infrastructures adéquates, l’appui à la recherche scientifique au secteur privé de l’ESU.
Il est aussi important dans ladite réforme de tenir compte des réalités congolaises et africaines, en évitant de copier servilement l’occident.
Le système éducatif appliqué en RDC depuis des décennies n’avait pas fait ses preuves dans la formation de qualité. Le système LMD devra être appliqué avec nos réalités pour l’internationaliser dans une symétrie d’aller –retour. ACP/Kayu/OB/JFM/CKM/SGB/MMC

