Kinshasa, 23 juillet 2025 (ACP).- Les stratégies de transformation de la République démocratique du Congo (RDC) ont été présentées au forum politique de haut niveau sur les Objectifs de développement durable (ODD) tenu du 14 au 23 juillet au siège des Nations Unies à New-York (USA), selon un communiqué consulté mercredi par l’ACP.
« Dans sa prise de parole au nom du Gouvernement congolais, lors du Forum politique sur les Objectifs de développement durable tenu à New-York, le vice-Premier ministre, ministre du Plan a rappelé que la RDC reste guidée par une vision claire et cohérente : celle du Plan national stratégique de développement (PNSD) et du Programme d’action du Gouvernement, qui structurent l’action publique autour de la transformation du pays », a-t-on lu dans le communiqué du ministère du Plan.
En effet, a précisé la source, depuis trois ans, la RDC affiche une croissance économique résiliente, avec une projection du PIB réel supérieure à 5 % en 2025, soutenue par une relance multisectorielle dans les domaines des mines, de l’agriculture, des télécommunications et des infrastructures.
Selon le communiqué, cette croissance s’est accompagnée d’une mobilisation accrue des ressources nationales et internationales orientées vers les secteurs sociaux. « L’investissement dans la santé, l’éducation et l’énergie est au cœur de notre stratégie. La mise en œuvre de la couverture santé universelle et la gratuité de l’enseignement primaire en sont des piliers », a indiqué le vice-Premier ministre en charge du Plan, Guylain Nyembo, cité dans le communiqué.
Par ailleurs, la présentation du vice-Premier ministre a mis en avant des indicateurs sociaux en nette amélioration, témoignant de la pertinence des politiques publiques mises en œuvre : 85% des accouchements sont désormais assistés par du personnel qualifié ; le taux de mortalité infanto-juvénile a chuté de 148 à 104 pour mille entre 2015 et 2025, soit une réduction de 42% ; près de 60% de la population a accès à une source d’eau potable sécurisée ; des projets énergétiques en cours pourraient doubler l’offre nationale d’électricité d’ici 2030, grâce à l’essor des investissements privés dans les énergies renouvelables.
Ces résultats s’inscrivent dans un contexte sous-régional marqué par des défis sécuritaires, et montrent que la RDC, malgré les contraintes, avance sur le chemin des Objectifs de développement durable (ODD).
Les conflits armés récurrents dans l’est, un frein à une croissance inclusive
Malgré les progrès, a rapporté le document, le vice-Premier ministre a souligné que la dynamique de développement reste exposée à des chocs majeurs, internes et externes. Les conflits armés récurrents dans l’est du pays, la vulnérabilité climatique croissante, les flux migratoires non maîtrisés et la dépendance excessive aux matières premières constituent autant de freins à une croissance inclusive.
La source a rappelé, en outre, que la suspension du Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T) dans les zones en conflit constitue une perte de momentum dans la lutte contre les inégalités spatiales. De même, la dernière Enquête démographique et de santé a révélé que les enfants vivant dans les zones affectées par les conflits présentent une exposition accrue à la malnutrition chronique et au retard de croissance. Ces constats rejoignent les tendances régionales en Afrique centrale, où l’instabilité sécuritaire et les déséquilibres territoriaux freinent l’atteinte des ODD.
Face à ce constat, Guylain Nyembo a lancé un appel clair à la communauté internationale : « Comme à Séville, la République démocratique du Congo appelle à une action concertée intégrant les dimensions de paix, de sécurité et d’environnement, sans oublier l’épineuse question du financement du développement », a-t-on lu dans le communiqué.
La RDC, à l’instar de nombreux pays en développement, attend une mise en œuvre effective des engagements internationaux, notamment ceux pris dans le cadre de l’Engagement de Séville et du financement climatique, condition essentielle pour renforcer la résilience des États les plus exposés aux effets du changement climatique.
Par cette intervention de haut niveau, la RDC a réaffirmé son positionnement en tant qu’acteur engagé du multilatéralisme et partenaire fiable dans la mise en œuvre de l’Agenda 2030. Elle a également rappelé l’urgence d’un rééquilibrage du système de financement du développement afin de garantir une transition durable, inclusive et pacifique pour les générations présentes et futures. ACP/C.L

