Ouganda : l’autonomie des réfugiés congolais face à l’insuffisance de l’aide humanitaire préconisée (Ambassadrice de France en Ouganda)

Kampala, 12 novembre 2025 (ACP).- L’autonomie des réfugiés de la République démocratique du Congo en Ouganda face à l’insuffisance de l’aide humanitaire a fait l’objet d’un plaidoyer, mardi, de l’ambassadrice française à Kampala, lors d’une session de travail en sa résidence.

« Une transition vers des solutions durables axées sur l’autonomie économique des réfugiés (…) 2025 a marqué un tournant décisif dans la réponse aux réfugiés : les mécanismes d’aide traditionnels fortement dépendants des donateurs publics ne sont plus suffisants pour couvrir l’ampleur des besoins », a dit  Virginie Leroy, ambassadrice française en Ouganda.

Pour elle, le Gouvernement et les agences humanitaires ne peuvent supporter seuls cette responsabilité croissante, appelant à une implication accrue du secteur privé et des approches communautaires.

« La France appelle à une refonte profonde de l’approche humanitaire en Ouganda, où près de 2 millions de réfugiés, dont 58% de Congolais, font face à une crise prolongée que les mécanismes traditionnels d’aide ne parviennent plus à résoudre », a-t-elle dit.

Depuis janvier 2025, l’Ouganda a accueilli plus de 70.000 nouveaux réfugiés fuyant l’insécurité dans l’Est de la République démocratique du Congo, dont 70% sont des femmes et des enfants.

Cette situation accroît la pression sur les communautés d’accueil et les services de base, alors que la durée moyenne de déplacement dépasse désormais 10 ans.

La Conférence de Paris du 30 octobre, co-organisée par la France et le Togo, a permis de mobiliser 1,5 milliard d’euros d’engagements internationaux, dont 75 millions d’euros de soutien français. Parmi les résultats concrets, figure la réouverture prochaine de l’aéroport de Goma aux vols humanitaires et la création des corridors sécurisés pour acheminer l’aide aux populations.

A cet effet, la diplomate française a mis en avant les initiatives de son pays, visant à promouvoir l’autonomie des réfugiés, notamment à travers l’accès aux services financiers avec des partenaires comme « Grameen credit agricole foundation » et « Vision found », ainsi que des projets d’infrastructures hydrauliques dans le camp de Nakivale.

L’ambassadrice française a insisté également sur la nécessité d’adopter le « Nexus humanitaire-développement-paix », comme approche intégrée, permettant de passer de la dépendance à l’autonomie et de transformer les réfugiés en acteurs de leur propre avenir.

Cet appel est intervenu deux semaines après la Conférence de Paris sur la paix dans les Grands Lacs. ACP/UKB

Fil d'actualités

Sur le même sujet