Kinshasa, 12 novembre 2025 (ACP).- Un appel à la création urgente d’un programme gouvernemental d’assistance humanitaire des populations de l’ouest de la République démocratique du Congo, secoué par l’activisme de la milice Mobondo, a été lancé, mercredi à Kinshasa, lors d’un atelier sur ce phénomène.
« Dans nos recommandations, nous voulons le renforcement de la sécurité et l’autorité de l’État dans les zones menacées. Que le Gouvernement agisse de toute urgence, pour l’assistance humanitaire des populations des provinces de l’ouest. Arriver à sécuriser la libre circulation et les acteurs humanitaires », a déclaré la religieuse Perpétue Makese, Directrice de la Commission justice et paix de l’Archidiocèse de Kinshasa.
En renforçant son autorité, a estimé l’oratrice, l’État congolais doit surtout supprimer les bastions de cette milice et les taxations illégales et abus sur les axes routiers.
« L’État doit neutraliser les bastions des Mobondo, mettre fin aux taxations illégales et abus, prioriser la paix inclusive et la cohésion sociale, soutenir le dialogue intra et intercommunautaire, impliquer les structures traditionnelles et religieuses, coordonner les actions avec ONG locales et internationales », a-t-elle martelé, lors de la présentation de la recherche d’une année sur cette crise.
« Il faudrait également mettre en œuvre justice et réconciliation, lancer une enquête indépendante, documenter les violation des droits humains, assurer la responsabilisation et promouvoir la justice transitionnelle », a soutenu la religieuse.
Dans le souci de restaurer la vie économique locale, cette commission de l’archidiocèse de Kinshasa a proposé le relèvement socio-économique et la reconstruction rapide des infrastructures.
« Nous recommandons également de promouvoir le relèvement socio-économique et la résilience, reconstruire les infrastructures, indemniser les victimes, soutenir l’emploi et l’entrepreneuriat, intégrer la protection, l’assistance et le développement », a recommandé Mme Perpétue Makese.
Concernant le processus de paix durable, elle a préconisé l’implication des couches sociales pour une meilleure appropriation, mais aussi la participation des instances internationales. « Il faut aussi mobiliser l’action diplomatique et internationale : inscrire la crise à l’agenda bilatéral et européen, renforcer le soutien financier et opérationnel, coordonner la réponse entre gouvernemental, bailleurs, ONU et société civile, impliquer la femme et les jeunes dans le processus de paix », a-t-elle conclu.
280 000 déplacés en une année
Plus de 280.000 déplacés et plus de 2.980 cas de malnutrition aiguë ont été enregistrés, entre 2024-2025, dans les territoires de l’ouest de la République démocratique du Congo, suite au phénomène Mobondo, d’après l’enquête de la Commission justice et paix de l’Archidiocèse de Kinshasa, menée conjointement avec Caritas Belgium.
D’après l’étude, le phénomène Mobondo est un mouvement de masse décentralisé, né du mécontentement des autochtones sur le plateau de Bateke, lié aux frustrations d’accès à la terre et aux difficultés socio-économiques.
L’atelier du jour a eu pour mobile de présenter le rapport de l’enquête d’une année menée dans l’ouest du pays, au territoire de Kwamouth et ses environs, dans le but d’attirer davantage l’attention de l’opinion publique sur la situation des populations des provinces de l’ouest du pays. ACP/UKB

