Procès Kabila : un ancien maire salue le courage de la Haute cour militaire

Kinshasa, 27 juillet 2025 (ACP).- Le procès ouvert à l’encontre de l’ancien Président de la République démocratique du Congo par la Haute cour militaire a été salué samedi par un ancien maire de la ville de Beni au Nord-Kivu, dans l’est du pays, lors d’un entretien à Kinshasa.

« Je salue le courage de la Haute cour militaire qui a ouvert ce procès, qui ne dérange en rien le processus de paix entamé à Washington et à Doha. Ce procès vient mettre fin au cycle d’impunité », a déclaré Achille Kapanga, ancien maire de la ville de Beni.

« Il y a un principe de droit qui dit que nul n’est au-dessus de la loi. La poursuite de Joseph Kabila rassure que le droit est dit. (…) Nous devons nous poser la question de savoir pourquoi des gens meurent au Nord et Sud-Kivu, qui sont les auteurs de ces tueries, et qui sont derrière le projet de balkanisation de notre cher pays. Est-ce un péché de vouloir connaître l’auteur intellectuel ou matériel des crimes commis à l’est du pays? Je dis non. Il faut qu’on découvre la vérité », a-t-il ajouté.

M. Kapanga a saisi l’occasion pour encourager cette Cour militaire dans sa démarche qui consiste à mettre en lumière et à faire justice sur les faits éventuellement commis par l’ancien Chef de l’Etat congolais.   

« Nous devons encourager la Haute cour militaire qui fait bien son travail. Que l’on ne se cache pas derrière les accords en disant que ce procès aura des incidences sur les déclarations de Doha et de Washington, non. La justice existe, et la RDC doit prouver son existence. (L’ancien ministre) Mutamba se trouve devant la Cour de cassation, et pourquoi ne pas voir les autres aussi dans différentes juridictions du pays pour répondre aux faits mis à leur charge ? Les Congolais doivent savoir que la RDC est gérée par des textes réglementaires et non par les accords. La justice élève une nation », a-t-il conclu.

La Haute cour militaire a entamé des poursuites judiciaires contre l’ancien Chef de l’État Joseph Kabila, au terme de la levée de ses immunités parlementaires par la chambre haute du Parlement, le 22 mai 2025. Depuis le 25 juillet dernier, elle a ouvert à Kinshasa, un procès contre l’ex-Président qui est poursuivi pour une dizaine de chefs d’inculpation.

L’audience introductive s’est déroulée en l’absence du prévenu, introuvable en sa résidence officielle, malgré plusieurs tentatives de notification du mandat de comparution. Le procès se tient donc par contumace, avec la seule présence des avocats de la partie civile représentant la République. 

ACP/C.L.

Fil d'actualités

Sur le même sujet