Provinces sous état de siège: près de 600.000 déplacés en août 2023 (OIM)

Kinshasa, 27 Septembre 2023 (ACP).- Près de 600.000 personnes déplacées fuyant l’insécurité ont été enregistrées en Ituri et au Nord-Kivu, respectivement au Nord-est et dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), du 1er au 31 août 2023, a appris l’ACP mardi de source diplomatique.

« L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a identifié, dans son rapport couvrant la période du 1er au 31 août 2023, 590.786 personnes déplacées par la crise du M23, et a relocalisé 5.442 individus de sites spontanés vers les sites planifiés, et a aussi fourni 899 abris d’urgence aux personnes déplacées », a fait savoir M. Daco Tambikila, assistant chargé de communication et des médias à l’OIM/RDC.

« Ce rapport fournit une vue d’ensemble de la réponse humanitaire en cours de l’OIM, des progrès et de développement clés de la RDC », a indiqué la source, avant de déplorer l’aggravation de la crise humanitaire.

« En août 2023, la situation sécuritaire a continué à se détériorer dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, entraînant une aggravation de la crise humanitaire déjà aiguë.

(…) Le groupe armé Coopérative pour le développement du Congo (CODECO) a intensifié les attaques ciblées contre les civils autour des sites de déplacement et des routes agricoles dans les territoires de Djugu et Mahagi dans la province de l’Ituri, entraînant des pertes en vies humaines, des blessures et la destruction de plusieurs maisons », a renchéri Daco Tambikila.

Pour lui, « les affrontements entre CODECO et le groupe d’autodéfense « Zaïre » dans plusieurs localités de l’Ituri ont également entraîné des mouvements de population », précisant qu’au cours de la même période, de nouvelles vagues de violence ont resurgi dans la province du Nord-Kivu, opposant les terroristes du M23 à des groupes armés locaux dans les territoires de Rutshuru, Masisi et Nyiragongo. Ce qui a conduit à une augmentation substantielle des déplacements de populations depuis la mi-2022, a-t-il affirmé.   

Impact positif des efforts humanitaires.

Par ailleurs, l’OIM a relevé l’impact positif de la réponse humanitaire, grâce notamment aux actions menées sur le terrain et à une mobilisation des ressources. « Au cours de la même période, le Groupe des directeurs des opérations d’urgence, dont fait partie le directeur des opérations et des urgences de l’OIM, s’est rendu dans l’Est de la RDC pour donner des conseils et assurer le suivi des questions stratégiques et opérationnelles nécessitant une action collective urgente, une mobilisation des ressources à l’échelle du système et un soutien ciblé sur le terrain afin de maintenir ou d’intensifier la réponse humanitaire », a dit Daco Tambikila.

« Malgré les défis liés au contexte sécuritaire, au sous-financement du plan de réponse et aux limitations d’accès, les efforts humanitaires ont commencé à avoir des impacts positifs. Ensemble nous pouvons avoir un impact positif sur la vie des personnes vulnérables », a-t-il soutenu. Pour le chargé de communication de l’OIM/RDC, l’augmentation de l’échelle du système depuis juin 2023 a permis de fournir une assistance à 1,4 million des 5,46 millions de personnes touchées par la violence au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri. 

Le rapport de l’OIM de mai à juillet 2023 a fait état de 6,1 millions de déplacés enregistrés au Nord-Kivu, au Sud-Kivu, en Ituri, et au Tanganyika, suite à la crise sécuritaire provoquée par les activités du M23 dans la région. ACP/

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