Kinshasa, 14 Mai 2026 (ACP).- Des mesures pour prévenir l’instabilité institutionnelle récurrente dans l’espace Grand Bandundu, dans l’ouest de la République démocratique du Congo (RDC), ont été proposées jeudi, lors de la soutenance d’une thèse doctorale à l’Université pédagogique nationale (UPN), à Kinshasa.
« Une gouvernance éthiquement responsable et émotionnellement équilibrée émerge ainsi comme un facteur central de prévention des crises institutionnelles et de stabilité. En limitant la concentration du pouvoir et en favorisant la responsabilité collective par l’approche des pratiques inclusives et participatives, le moi collectif pourrait conduire à atténuer les effets négatifs des déséquilibres psychiques et contribuer à stabiliser les institutions », a déclaré le chef de travaux Aimé-Valant Kinzanza, auteur de la thèse.
« Le renforcement et la résilience de celles-ci ne pourraient se passer alors du souci d’améliorer, concomitamment, les capacités institutionnelles, en termes de ressources et de coordination, aux fins de réduire la pression sur les dirigeants et limiter l’impact de vulnérabilités psychologiques sur la gouvernance locale », a-t-il ajouté.
Intitulée « Dynamiques psycho politiques de l’instabilité institutionnelle dans les provinces du grand Bandundu : Représentations, interactions et construction du leadership local », cette étude a martelé sur la nécessité d’appliquer des mesures combinant dimension humaine et rigueur structurelle, garantissant que la stabilité ne repose pas uniquement sur la personnalité du dirigeant mais sur un système intégré et résilient à travers la collectivité.
« Les dirigeants doivent être formés et accompagnés pour développer leur maturité psycho politique, tandis que les institutions locales devraient promouvoir la transparence, la responsabilité et la participation citoyenne. L’étude suggère l’importance des dispositifs de soutien psychologique pour les acteurs politiques, l’intégration des programmes de formation en intelligence émotionnelle et leadership stratégique, la création des mécanismes institutionnels favorisant le dialogue et la concertation », a fait savoir le chef de travaux Aimé-Valant Kinzanza.
Après débat et délibération à huis-clos, le récipiendaire a été proclamé Docteur en psychologie d’orientation avec mention « la plus grande distinction ».
Ces propositions tombent à point nommé, alors que le président de la République a, lors de son allocution à l’ouverture des travaux de la 13ème session de la Conférence des Gouverneurs, fustigé les crises institutionnelles récurrentes entre les exécutifs provinciaux et les assemblées provinciales. Félix Tshisekedi avait rappelé que ces tensions persistantes constituent le principal frein au développement des provinces, qui peinent désormais à décoller. ACP/C.L.

