RDC : « Faisons du génie scientifique un moteur du développement » (Ministre de l’Enseignement supérieur)

Kinshasa, 9 août 2026 (ACP).- L’importance à faire du génie scientifique un moteur du développement de la République démocratique du Congo (RDC) a été expliquée samedi par la ministre de l’Enseignement supérieur, lors de la clôture officielle de l’année académique 2025-2026 à l’Université de Kinshasa (Unikin).

« Faisons du génie scientifique un moteur du développement. L’université ne doit pas seulement transmettre le savoir, elle doit aussi le produire (…), le transformer et le valoriser. Rapprochons l’université de l’industrie, des entreprises et des investisseurs », a déclaré Marie-Thérèse Sombo, ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la recherche scientifique et des innovations (Esursi)

Selon Mme Sombo, il sera également question de transformer les résultats de la recherche en solutions, en produits, en services, en emplois, en entreprises et en richesses nationales.

« Ce sont des universités qui produisent principalement des diplômés, des connaissances pratiques, des technologies, des innovations et des solutions pour la nation », a-t-elle dit, avant de rendre hommage au Président de la République, Félix Tshisekedi, ainsi qu’au gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa, pour la vision de construction des infrastructures modernes et l’accompagnement des réformes amorcées en faveur d’une université congolaise performante, entreprenante et levier du développement durable.

« Nous avons mis en œuvre, au cours de l’année académique 2025-2026, l’Incubateur de génie scientifique congolais (IGSC), dans le but de faire émerger une classe moyenne congolaise et de vrais acteurs du développement du pays », a fait savoir la professeure Sombo.

Accompagner les étudiants entrepreneurs

La ministre de l’Esursi a, en outre, souligné la nécessité d’accompagner les étudiants entrepreneurs en RDC afin de mettre en pratique la vision du Chef de l’État, Félix Tshisekedi.

« Pour donner à cette ambition une portée concrète, renforçons les mécanismes de transfert des technologies, de protection de la propriété intellectuelle, d’incubation et d’accompagnement des chercheurs et des étudiants entrepreneurs. Développons une culture entrepreneuriale au sein de nos établissements afin que le savoir et l’innovation contribuent effectivement à la création d’emplois, de richesses et au développement économique de notre pays », a-t-elle signifié.

La ministre de l’Esursi, Mme Sombo, a, en outre, invité les gestionnaires de son secteur à restaurer l’éthique et la mémoire collective au cœur de l’université.

« Mettons progressivement en place un programme transversal d’éthique, d’intégrité académique, de citoyenneté et de responsabilité sociale. Luttons avec fermeté contre le plagiat, la fraude académique et scientifique, la corruption et toutes les pratiques incompatibles avec la dignité universitaire, encourageons l’excellence académique par l’octroi de bourses », a-t-elle déclaré.

Appel aux universités à transmettre la mémoire nationale

Elle a appelé les universités à transmettre l’histoire et la mémoire du pays aux générations futures. Cette conscience, selon elle, doit également être historique, en intégrant de manière structurée et progressive les notions relatives au génocost, à la mémoire nationale, à la justice historique, à la traite transatlantique des Africains et aux devoirs de mémoire dans les programmes de formation, de recherche et de citoyenneté.

« Ces contenus doivent devenir des piliers transversaux de l’enseignement supérieur afin d’offrir à notre jeunesse une compréhension profonde des violences, des prédations et des ruptures qui ont marqué notre histoire, mais aussi des capacités de résistance, de dignité et de résilience du peuple congolais. Connaissons notre histoire pour mieux construire notre avenir. Faisons de la mémoire collective un instrument de cohésion nationale, de patriotisme, de justice historique et de non-répétition », a instruit Marie-Thérèse Sombo.

Selon Mme la ministre, les apprenants du troisième cycle doivent être accompagnés tout au long de leur parcours afin d’assurer la relève et de contribuer au développement et à la compétitivité du pays.

« C’est pourquoi le ministère de l’Esursi a mis sur pied une bourse qui leur est destinée. Pour cette année, 58 boursiers ont été sélectionnés dans des filières porteuses de croissance, notamment dans les sciences et technologies, les infrastructures, l’ingénierie, les mathématiques, l’agronomie et le numérique. Pour l’année 2026-2027, l’appel à candidatures sera ouvert bientôt », a-t-elle expliqué, insistant sur la nécessité de mettre la science au service de la République.

L’expertise scientifique pour éclairer les décisions

Cette responsabilité envers l’avenir, selon la ministre de l’Esursi, implique également que l’université éclaire, par la rigueur scientifique, les grandes décisions de la nation, tout en rappelant l’organisation, du 10 au 12 juin 2026 à Kinshasa, à Kisangani et à Lubumbashi, du colloque scientifique national consacré à l’évaluation de la Constitution du 18 février 2006, 20 ans après son adoption.

Selon la ministre, pendant trois (3) jours, les universitaires, chercheurs et experts ont confronté l’expérience constitutionnelle aux défis de la République : sécurité nationale, souveraineté économique, ressources stratégiques, décentralisation, industrialisation, changement climatique, transition énergétique, santé, intelligence artificielle, cybersécurité, recherche, innovation, mémoire nationale et protection des générations futures.

« Continuons donc à faire de l’université un laboratoire d’idées et mobilisons davantage l’expertise scientifique congolaise afin que la connaissance et les données probantes éclairent la décision politique », a-t-elle conclu.

ACP/N/B.

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