RDC: le portefeuille hérité du pouvoir colonial jugé diversifié par un professeur d’universités

Kinshasa, 25 juillet 2025 (ACP).- Le portefeuille économique hérité du pouvoir colonial par la République démocratique du Congo a été jugé suffisamment diversifié dans tous les secteurs de la vie nationale, lors du vernissage de l’ouvrage « Gouvernance des entreprises publiques en RDC », jeudi à l’université pédagogique nationale, à Kinshasa.

«Le portefeuille de la RDC hérité du pouvoir colonial était suffisamment diversifié. Il englobait tous les secteurs de la vie économique nationale: les mines, les finances, l’industrie, l’agro-industrie, le commerce, les transports et les services», a affirmé le professeur Romain Kabongo, auteur de l’ouvrage.

Selon lui, «si ce portefeuille a impulsé une croissance économique remarquable, il convient toutefois de souligner que cette croissance reposait sur un modèle d’exploitation coloniale, profitant fondamentalement à la métropole, la Belgique».

Le professeur Kabongo a également rappelé que ce portefeuille reposait à l’époque coloniale sur trois sociétés à chartes majeures, à savoir : le Comité national du Kivu (CNKI), le Comité spécial du Katanga (CSK) et la Compagnie des chemins de fer du Congo supérieur aux Grands Lacs (CFL).

«Ces sociétés, opérant dans la quasi-totalité des secteurs économiques, ont constitué la base de l’infrastructure économique de la colonie et la principale source de financement de la politique économique coloniale», a-t-il précisé.

«En vertu du principe de la dévolution entre États, la République démocratique du Congo, en accédant à l’indépendance, devait automatiquement hériter de la part du portefeuille relevant du pouvoir colonial. Ce principe a cependant été ignoré par la Belgique, suite à la volonté des anciens», a poursuivi le professeur Kabongo.

Une critique rigoureuse de la gouvernance publique

L’ouvrage, présenté comme une analyse critique de la gouvernance des entreprises publiques en RDC depuis l’époque coloniale jusqu’à nos jours, met en lumière un processus de déliquescence quasi-programmée, imputable à la mauvaise gouvernance, à la corruption, à la politisation, ainsi qu’à des réformes inadaptées ou mal conçues.

L’auteur a formulé plusieurs recommandations structurantes, dont l’adoption du modèle “stakeholder”, c’est-à-dire une gouvernance partenariale impliquant toutes les parties prenantes (employés, dirigeants, collectivités locales, partenaires économiques, etc.), en vue d’une création de valeur durable ; la dépolitisation de la gestion des entreprises publiques en cessant d’en faire des butins politiques, ainsi que la professionnalisation des modes de nomination des gestionnaires.

Il a également proposé de mettre un terme aux ingérences et ponctions abusives sur la trésorerie des entreprises publiques ; la recherche de solutions alternatives à la privatisation totale, telles que : la privatisation partielle avec maintien d’une participation majoritaire de l’État, des partenariats stratégiques, des contrats de concession (exemples : Snel, Regideso).

La réforme du cadre institutionnel, avec pour objectif de clarifier les compétences, de réduire les conflits de tutelle, et d’alléger les structures devenues inopérantes, a de même été préconisée, ainsi que l’assainissement global de la gouvernance publique, condition préalable à toute amélioration durable de la gestion des entreprises publiques.

Enfin, le professeur Kabongo a souligné que les entreprises publiques congolaises, qui contribuaient autrefois à près de 70% du budget national, sont devenues aujourd’hui un lourd fardeau économique, conséquence d’un enchevêtrement de défaillances structurelles, politiques et institutionnelles. ACP/ODM

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