Kinshasa, 22 septembre 2026 (ACP).- L’intégration de la littérature jeunesse a étépréconisée pour améliorer l’enseignement du français en République démocratique duCongo (RDC), lors de la défense, mardi, d’un mémoire de fin d’études en Master àl’Université de Kinshasa (Unikin).
«Mon thème porte sur l’étude de la place qu’occupe la littérature jeunesse dans l’enseignement du français en RDC, particulièrement dans les écoles secondaires du district de Tshangu à Kinshasa. Il s’agit de voir si les œuvres destinées aux jeunes sont réellement utilisées en classe, de déterminer leur apport dans le développement des compétences delecture et d’expression des élèves, mais aussi d’identifier les difficultés qui limitent leurexploitation.», a déclaré Séraphin Mikobi, le récipiendaire.
Des conditions nécessaires à une meilleure intégration.«Mon étude ne se limite pas à constater une faible exploitation de la littérature jeunesse. Elle met également en évidence les conditions nécessaires à une meilleure intégration de celle-ci dans l’enseignement du français en RDC, notamment la disponibilité des livres, les bibliothèques scolaires, la formation des enseignants et les activités de promotion de la lecture.», a-t-il ajouté.
«L’objectif principal est donc de montrer comment une meilleure intégration de la littérature jeunesse pourrait contribuer à améliorer l’enseignement du français et à développer le goût de la lecture chez les élèves.», a-t-il expliqué, soulignant que, pour parvenir à ces résultats, ila suivi une démarche scientifique fondée principalement sur la méthode d’enquête.
«D’abord, j’ai procédé à une recherche documentaire afin de comprendre les concepts liés àla littérature jeunesse et à l’enseignement du français. Ensuite, j’ai mené une enquête de terrain dans les écoles secondaires retenues dans le district de Tshangu.», a-t-il expliqué.
Pour recueillir les données, il a utilisé des questionnaires adressés à trois catégories de personnes, à savoir les élèves, les enseignants de français et les écrivains.
Son échantillon comprenait 100 élèves, 25 enseignants et 10 écrivains.«Après la collecte, j’ai procédé au dépouillement, au classement et à l’analyse des données.J’ai utilisé à la fois une approche quantitative, pour présenter les résultats sous forme de pourcentages, et une approche qualitative, pour interpréter les réponses et comprendre lesdifficultés rencontrées.», a-t-il fait savoir.
«Enfin, j’ai confronté les résultats obtenus aux hypothèses de départ afin de vérifier leurpertinence et de formuler des recommandations.», a-t-il poursuivi.
Des résultats révélateurs
«Les résultats de mon étude montrent que la littérature jeunesse possède un intérêt réelpour l’enseignement du français, mais qu’elle reste encore insuffisamment exploitée dansles écoles étudiées.», a indiqué Séraphin Mikobi.Chez les élèves interrogés, 73 % déclarent aimer la lecture, ce qui témoigne d’un intérêt pourcette activité.
Cependant, 60,4 % affirment n’avoir jamais lu une œuvre de littératurejeunesse.
Cette situation révèle un écart entre l’intérêt des élèves pour la lecture et leur accès effectif aux œuvres adaptées à leur âge.
Du côté des enseignants, 68 % déclarent ne jamais utiliser la littérature jeunesse dans leurs pratiques pédagogiques.
L’étude relève également que 84 % des écoles enquêtées ne disposent pas de bibliothèque, tandis que 60 % des répondants évoquent le manque delivres comme une difficulté importante.
«La portée de ces résultats est donc à la fois pédagogique et institutionnelle. Ils montrent que la littérature jeunesse pourrait être davantage utilisée comme support pour développer la lecture, la compréhension, le vocabulaire ainsi que l’expression orale et écrite des élèves. Mais son intégration nécessite aussi des conditions favorables, notamment la disponibilitédes livres, les bibliothèques scolaires, la formation des enseignants et les activités de promotion de la lecture.», a-t-il souligné.
Le Cercle des hommes de lettres appelé à s’étendre
Séraphin Mikobi a, par ailleurs, précisé qu’après ses études, le Cercle des hommes de lettres de l’Unikin est appelé à évoluer d’un cadre essentiellement universitaire vers une structure à vocation nationale, avec des représentations dans plusieurs universités.
Après mes études, le Cercle des hommes de lettres de l’Unikin ne disparaîtra pas, ilévoluera vers une organisation nationale.
Je resterai coordonnateur national du Cercle des hommes de lettres en RDC, tandis que l’Unikin aura sa propre représentation, au même titre que les autres universités.
Cette organisation permettra d’assurer la continuité du Cercle àl’Unikin tout en étendant ses activités dans différentes institutions universitaires du pays. »,a-t-il déclaré.
Dirigé par le professeur Célestin Ngabala, ce mémoire est subdivisé en trois chapitres et compte 150 pages.
Une mention de grande distinction lui a été accordée à l’issue de ladéfense publique, marquant la fin du deuxième cycle.
Hommage du Cercle des hommes de lettres de l’ Unikin
Des hommages ont également été rendus à Séraphin Mikobi, cinq ans après ses études àl’Université de Kinshasa, par André Ekanga, chargé de communication du Cercle des hommes de lettres de l’Unikin, structure dont il reste l’initiateur.
Ces hommages ont notamment porté sur son parcours et son engagement en faveur de la littérature, à travers l’organisation de cafés littéraires, de conférences, d’ateliers, de concours ainsi que du Festival national des hommes de lettres (FENHOL).
Le chargé de communication est également revenu sur la première édition du Salon culturel universitaire, au cours de laquelle a été institué le Trophée Jean-Marie Kayembe, en hommage à l’éloquence du recteur de l’Unikin.Il a souligné qu’à la deuxième édition du FENHOL, plusieurs trophées ont été institués afinde valoriser différents talents, notamment le Trophée Wabeladio Payi pour le concours national de dictée, le Trophée Emery Patrice Lumumba pour l’éloquence, le Trophée Malembe Tamandiak pour le journal télévisé, le Trophée Valentin Yves Mudimbe pour la littérature et le Trophée Papa Wemba pour la musique.
Créé le 12 avril 2024 par Séraphin Mikobi, le Cercle des hommes de lettres de l’Unikin (Cerhol) est une structure estudiantine de l’Université de Kinshasa en RDC.
Il vise àpromouvoir la littérature, la culture et la pensée critique chez les jeunes.
Le Cerhol organise notamment des formations en écriture, en slam et en leadership et estofficiellement agréé par l’Université de Kinshasa.
Lauréat du concours national d’éloquence et de débats, Trophée Tshisekedi, Séraphin Mikobiest écrivain et auteur du livre ‘‘Le cœur d’une vraie mère’’. ACP/MUD/BA

