Vue des participants au forum
Kinshasa, 25 septembre 2025 (ACP).- Rémunérer les chefs coutumiers afin de les mettre à l’abri de la corruption a été proposé jeudi, lors d’un forum public tenu à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, organisé par l’Institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence (Ebuteli).
« Nous avons pensé que c’est important que l’on puisse créer des conditions favorables pouvant permettre aux chefs coutumiers d’être théoriquement à l’abri de la corruption des hommes politiques. Pour y parvenir, il faut songer d’abord à leur rémunération » a déclaré Jolino Albert Malukisa, directeur de la gouvernance de la structure « Ebuteli ».
« Ebuteli et les consortiums +Le Congo n’est pas à vendre+ qui lutte contre la corruption en RDC, ont organisé les forums intitulés +Pouvoirs coutumiers, politique et corruption+. Alors, aujourd’hui, comme nous le savons tous, les chefs coutumiers sont politiquement très engagés, mais malheureusement, il y a un danger. Cet engagement se solde souvent par une compromission, parce qu’ils évoluent dans un paysage politique très corrompu et cette corruption impacte malheureusement sur leur statut prestigieux », a-t-il ajouté.
M. Malukisa a fait savoir que cette rencontre s’est présentée comme une occasion pour analyser des cas de corruption auxquels ces autorités pourront faire face, notamment avec les élections, les conflits coutumiers ainsi qu’avec l’exploitation des ressources naturelles. « Aujourd’hui, les chefs coutumiers qui gèrent des populations importantes au Congo sont dans une situation de pauvreté assez alarmante, et quand ils sont très pauvres, conséquence, ils se livrent à la corruption. Nous vivons des cas de conflit dans des villages, dans des groupements, dans des chefferies », a dit le directeur de la gouvernance d’« Ebuteli ».
A cet effet, il a proposé la révision de la loi fixant statuts des chefs coutumiers de la RDC, pour insérer des dispositions devant les rendre redevables vis-à-vis des citoyens, et la suppression de leur cooptation aux assemblées provinciales.
« Nous estimons que dans le contexte congolais, où le paysage politique est très corrompu, on devrait songer à mettre un terme à la cooptation des députés dans les assemblées provinciales, parce qu’en ce moment, ils se retrouvent vraiment très vulnérables vis-à-vis de la corruption », a-t-il martelé.
De son côté Sa majesté Mfumu Difima Ntinu, président du Conseil supérieur de l’autorité traditionnelle et coutumière, a salué l’initiative de l’institut Ebuteli dans l’organisation de ce forum public. A cet effet, il a appelé les chefs coutumiers congolais à formuler des propositions pouvant contribuer à l’amélioration de leur situation économique.
« Ebuteli », un institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence, en collaboration avec Afriwatch et le Consortium « Le Congo n’est pas à vendre » (CNPAV), ont organisé ce forum en vue de débattre sur des conclusions de recherches menées sur le pouvoir coutumier, la politique et la corruption.
L’objectif est de réunir les chefs coutumiers, les experts, les représentants d’institutions publics, les chercheurs, les leaders politiques et de la société civile pour discuter du rôle politique des autorités coutumières en RDC. ACP/C.L.

