Kinshasa, 2 septembre 2026 (ACP).- Le placement des communautés rurales au cœur de la conception, de la mise en œuvre et de l’évaluation des programmes de développement en République démocratique du Congo, a été recommandé mercredi, lors d’une soutenance de thèse doctorale, à l’Université pédagogique nationale (UPN), à Kinshasa.
« Il est nécessaire de renforcer la participation des communautés rurales à toutes les étapes des projets, depuis leur identification jusqu’à leur évaluation, afin de favoriser leur appropriation et la durabilité des actions engagées », a recommandé le chef de travaux Fiston Kawala, auteur de la thèse.
Consacrée aux interventions du Programme d’appui aux pôles d’approvisionnement de Kinshasa en produits vivriers et maraîchers (Papakin) dans le territoire d’Idiofa, la thèse a également préconisé une approche territoriale plus inclusive, fondée sur les réalités locales et capable d’articuler les politiques publiques, les initiatives communautaires et les besoins réels des populations rurales.
« La réussite d’un programme de développement ne dépend pas uniquement des ressources mobilisées ou des investissements réalisés. Elle repose aussi sur la qualité de la gouvernance, la participation des bénéficiaires, la coordination des acteurs et la valorisation des savoirs locaux », a révélé l’étude.
Dans cette perspective, le chercheur a recommandé de renforcer la concertation entre les organisations paysannes, les autorités coutumières, les services techniques et les autres acteurs intervenant dans le développement rural.
Il a, en outre, préconisé une meilleure reconnaissance du rôle des organisations communautaires et des autorités coutumières dans les mécanismes de décision et de suivi des projets.
« Une meilleure coordination entre les différents acteurs du développement est indispensable pour éviter la fragmentation des interventions et améliorer leur efficacité sur le terrain », a souligné M. Kawala, avant d’appeler à intégrer systématiquement les dimensions économiques, sociales, environnementales et intergénérationnelles dans les stratégies d’intervention.
« Les dimensions environnementales et intergénérationnelles doivent être intégrées dans la conception et la mise en œuvre des programmes afin de garantir la pérennité des acquis et de préserver les intérêts des générations futures », a préconisé l’auteur.
Ces recommandations résultent d’une analyse sociologique des stratégies d’intervention du Papakin dans les secteurs de Kalanganda, Kipuku, Banga et Idiofa/Musanga.
L’étude a constaté que, malgré les progrès enregistrés dans l’organisation paysanne, la production agricole et la réalisation de certaines infrastructures rurales, ces acquis n’ont pas entraîné une amélioration significative et durable des conditions de vie des bénéficiaires.
La persistance de la pauvreté, les difficultés d’accès aux marchés, les insuffisances des infrastructures et la poursuite de l’exode rural, notamment chez les jeunes, ont figuré parmi les principales limites relevées.
Après débat et délibération, le candidat a été proclamé docteur en sociologie, avec la mention « la plus grande distinction ».
ACP/Ns./ Kab.

