Trois questions à Rémi Maréchaux, Ambassadeur de France en République démocratique du Congo

Kinshasa, 28 juillet 2025 (ACP).- La France est « pleinement mobilisée avec lucidité pour contribuer au retour de la paix » en République démocratique du Congo (RDC), selon l’ambassadeur de France au pays approché lundi par l’ACP.

Rémi Maréchaux a, dans ce cadre, indiqué que l’Hexagone œuvre pour « la consolidation de la dynamique de paix articulée autour de l’Accord de Washington », signé le 27 juin entre la RDC et le Rwanda sous l’égide du Président américain Trump, de même que pour accroître ses engagements financiers.

Question 1 :  Que peut-on retenir en termes d’investissements français en RDC et en perspective notamment de l’appui à la construction du grand barrage d’Inga 3 ?

Rémi Maréchaux : « Le barrage d’Inga 3 mobilisera des investissements publics et privés. La France soutient l’approche développée par la Banque mondiale et validée le 3 juillet dernier, qui consiste à préparer le projet mais aussi à préparer le pays au projet. (…) La France apporte son plein soutien à la mobilisation de ces ressources, et c’est à Paris qu’a été organisée, le 10 juillet dernier, la première conférence de mobilisation de ces investissements. (…) Ces dernières années ont été des années de croissance forte pour les engagements financiers de l’Agence française de Développement en RDC. Le volume annuel a été multiplié par 4 en 5 ans, pour atteindre 200M€ en 2025. 

La France et la RDC avaient convenu en décembre 2021 d’un engagement de 500M€ en 4 ans (…). Les investissements privés français en RDC représentent 3 Mds de dollars. Les deux principaux investisseurs français, avec environ un milliard de dollars chacun, sont Orange et Perenco ».  

Question 2: Comment la France entend-elle appuyer la mise en œuvre de l’Accord de paix signé le 27 juin dernier à Washington entre la RDC et le Rwanda en vue du retour définitif de la paix dans la partie Est du pays ?

Rémi Maréchaux : « La France est pleinement mobilisée pour appuyer la mise en œuvre de l’accord de paix signé le 27 juin à Washington entre la RDC et le Rwanda. Cet accord représente une opportunité sérieuse et crédible de mettre un terme durable aux violences dans l’Est du Congo, et la France entend y contribuer activement, sur tous les fronts.

Nous le faisons d’abord par notre action diplomatique, en appui aux négociations en cours (…). La France est également prête à travailler au sein du Conseil de sécurité des Nations unies pour adapter le mandat de la Monusco, afin qu’elle puisse pleinement appuyer le respect du cessez-le-feu. (…) Sur le plan humanitaire, nous travaillons à une initiative dédiée au renforcement de la réponse d’urgence dans les zones affectées et à la consolidation de la dynamique de paix, articulée autour de l’accord de Washington, de la déclaration de principes signée à Doha et de la médiation de l’Union africaine ».

Question 3:  Comment jugez-vous le niveau d’intervention de la France pour soutenir diplomatiquement la RDC, deuxième pays de la Francophonie, dans le conflit qui l’oppose au Rwanda ? 

Rémi Maréchaux : « Au plan multilatéral, en plus de son rôle au Conseil de sécurité des Nations Unies, la France a condamné « l’intervention militaire étrangère non autorisée » ainsi que « l’exploitation et l’exportation illégales des ressources naturelles vers les pays voisins », dans la résolution adoptée lors du XIXᵉ Sommet à Villers-Cotterêts.

Depuis le début de l’année, le président Emmanuel Macron s’est entretenu à plusieurs reprises avec le président Félix Tshisekedi. Il a également échangé avec l’ensemble des chefs d’État de la région des Grands Lacs, marquant ainsi la volonté française de contribuer activement à une désescalade régionale et à une solution politique durable.

Au sein de l’Union européenne, notre action a permis l’adoption de positions fermes et continues, ainsi que trois séries de sanctions – la dernière en mars 2025 – visant 87 personnes ou entités impliquées dans les violences ou l’exploitation illégale des ressources congolaises.

Sur le terrain, notre soutien est également concret (…) notamment dans l’Est, à travers une coopération militaire ciblée sur la formation des cadres et d’unités comme la brigade Jungle ».  ACP/C.L.

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