Haut-Katanga : Les variantes régionales du kiswahili renforcent l’identité culturelle et l’unité nationale (un expert)

Lubumbashi, 7 juillet 2026 (ACP).- Les différences observées entre le kiswahili parlé au Haut-Katanga, au Maniema, au grand Kivu, constituent une richesse linguistique qui reflète l’histoire et l’identité culturelle de chaque région, a fait savoir mardi,  un expert à l’Université de Lubumbashi, au Haut- Katanga, dans le sud-est de la République démocratique du Congo.

 « Les différences observées entre le kiswahili du Haut-Katanga, celui du Maniema ainsi que ceux du Nord-Kivu et du Sud-Kivu constituent une richesse linguistique» », a déclaré Père Ghyslain Katamba chercheur indépendant.

« Le kiswahili de Lubumbashi demeure surtout un indice d’identité culturelle, un levier potentiel de la cohésion nationale à condition d’être accompagné par l’éducation, le respect et le dialogue. Il est façonné par les langues locales, les réalités sociales et les pratiques culturelles de la région », a-t-il ajouté.

.

M Katamba a expliqué que cette variété linguistique se retrouve dans les conversations quotidiennes, les chansons, les pièces de théâtre, les discours politiques et religieux, où elle traduit une manière particulière de structurer la pensée et de transmettre les valeurs.

Une évolution liée aux échanges commerciaux

Intervenant à son tour, le professeur Mulumbwa Lunda a rappelé que le kiswahili a été introduit en République démocratique du Congo par les commerçants venus de la côte orientale de l’Afrique, avant de se diffuser dans le Maniema puis au Katanga grâce aux caravanes commerciales.

Il a précisé que cette expansion a été favorisée par les migrations, les échanges commerciaux, les anciens esclaves, les écoles coraniques ainsi que les contacts permanents entre les populations.

« Le kiswahili du Maniema conserve davantage les influences issues des premiers contacts avec la côte est-africaine, tandis que celui du Haut-Katanga s’est progressivement enrichi au contact des langues locales telles que le bemba, le lamba, le kaonde et d’autres langues de la région», a-t-il  expliqué.

Il  a également indiqué que les variétés parlées au Nord-Kivu et au Sud-Kivu présentent des particularités lexicales, phonétiques et de prononciation liées aux échanges historiques avec les pays voisins d’Afrique de l’Est.

Une langue au cœur du développement

Le vice-doyen chargé de l’enseignement à la Faculté des lettres et sciences humaines de l’Université de Lubumbashi, a estimé que le kiswahili est appelé à jouer un rôle majeur dans le développement culturel, scientifique et social de la République démocratique du Congo.

Le professeur Léandre Mbolyo, a plaidé pour la création de structures académiques capables de promouvoir son enseignement, notamment une école et une académie du kiswahili, afin de renforcer son rayonnement tant au niveau national qu’international.

Promouvoir toutes les variantes du kiswahili

De son côté, le professeur responsable du département des langues et civilisations africaines et congolaises, a recommandé la généralisation de l’usage du kiswahili dans l’enseignement, les administrations publiques, les entreprises et les médias.

M Mwelwa Kapwepu, a insisté sur la nécessité de valoriser toutes les variantes régionales de cette langue sans discrimination, estimant que leur diversité représente un patrimoine scientifique et culturel qu’il convient de préserver.

Les participants ont conclu que les particularités du kiswahili parlé au Haut-Katanga, au Maniema, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu illustrent la richesse du patrimoine linguistique congolais et contribuent, loin de toute opposition, au renforcement de l’identité nationale, de la cohésion sociale et de l’intégration africaine.ACP

Fil d'actualités

Sur le même sujet