Bunia, 5 août 2026 (ACP).- Le faible impact social minierdans les territoires de Djugu et d’Irumu, en province de l’Ituri au nord-est de la République Démocratique du Congo, ne répondant pas encore suffisamment aux attentes sociales des communautés locales, a été déploré devant la presse mercredi par un responsable d’un service étatique.
«Malgré certaines évolutions constatées sur le terrain, le secteur de la mine n’a pas encore bien servi les conditions sociales de la population qui y vivent», a déclaré Léon Yemba, chef d’agence provinciale du Fonds national de promotion et de service social (FNPSS) précisant que le rôle du FNPSS consiste notamment à accompagner et à suivre les interventions sociales des coopératives minières dans le cadre de leurs responsabilités sociétales.
Selon lui, plusieurs difficultés expliquent cette situation, notamment la confusion entre les engagements sociaux des coopératives minières et les cahiers des charges prévus par la réglementation minière.
«Aujourd’hui, il y a une confusion entre la responsabilité sociétale d’une coopérative et celle des entreprises minières. Sur le terrain, les gens confondent le cahier des charges et un engagement social», a-t-il expliqué.
M. Yemba a indiqué que la majorité des investisseurs opérant dans le secteur minier dans ces territoires sont des coopératives qui doivent davantage contribuer au développement des communautés environnantes.
Il évoque également les contraintes liées à l’accès à certaines zones d’exploitation minière, en raison notamment de la situation sécuritaire dans plusieurs parties de la province mais également les difficultés de collaboration entre certains chefs coutumiers, notables communautaires et services étatiques.
Pour Léon Yemba, certaines communautés considèrent parfois les actions sociales des coopératives minières comme des initiatives privées, alors qu’elles doivent s’inscrire dans un cadre légal et bénéficier à l’ensemble des populations concernées.
Des infrastructures sociales attendues
Par ailleurs M. Yemba a rappelé que les opérateurs miniers ont des obligations envers les communautés qui accueillent leurs activités. «Ces investisseurs-là ont une obligation envers nos communautés locales. En contrepartie, ils doivent réaliser certaines œuvres qui doivent rester pour les souvenirs, surtout dans le cadre social de la population», a-t-il indiqué.
Parmi les réalisations attendues, il a cité notamment la construction des écoles, des points d’eau et d’autres infrastructures destinées à améliorer les conditions de vie des populations.
M. Yemba a laissé entendre que son service participe au comité provincial de pilotage chargé du suivi et de l’évaluation des interventions sociales des acteurs miniers, en collaboration avec les services compétents, notamment la division provinciale des mines et les structures chargées de la protection de l’environnement.
Préserver les communautés face aux impacts environnementaux
Abordant la question de la destruction des terres agricoles liée aux activités minières, M. Yemba a reconnu que certaines populations se retrouvent affectées lorsque leurs champs sont détruits.
Il estime toutefois que la législation congolaise prévoit des mécanismes permettant de protéger les droits des communautés touchées appelant à une collaboration entre les différents services de l’État afin de garantir le respect des engagements sociaux et environnementaux.
«Nous devons nous liguer ensemble pour que le social de nos populations soit respecté, parce que nos richesses ne doivent pas devenir un cauchemar pour nos communautés», a-t-il insisté.ACP/JHB

