Tchomia, 16 juin 2025 (ACP).- 40 tonnes de poissons, c’est l’estimation de la récolte à travers un projet d’aquaculture à cages flottantes à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, au nord-Est de la République démocratique du Congo, a appris samedi l’ACP, lors d’un entretien avec un responsable d’une organisation non gouvernementale. « Avec une récolte progressive estimée à 40 tonnes de poissons à partir de juillet 2025, ce projet offre un potentiel de rentabilité et d’autofinancement, notamment pour élargir les activités vers la transformation, l’élevage d’alevins, et l’intégration des jeunes », a déclaré Florent Nzama Gbombo, coordonnateur du Réseau des associations pour le développement durable (RAD). Pour Nzama, ce projet est très bénéfique pour cette communauté de pêcheurs, d’autant plus que celle-ci est souvent victime de tracasseries, mais également exposée à plusieurs risques pendant des activités de pêche de la nuit. « Ce projet est novateur pour cette communauté de pêcheurs, qui a souvent été victime de tracasseries, avec saisie de matériels de pêche prohibés. Par ailleurs, la pêche traditionnelle, telle que pratiquée par ces pêcheurs, est très risquée : des nuits passées sur l’eau avec tous les risques d’attaque, de noyade… Ce projet est là aussi pour faire diminuer ces risques », a-t-il fait savoir. Il a vanté ce projet au regard de ses nombreux avantages, notamment la réduction de la pression sur le lac Albert, où le nombre d’espèces de poissons est passé de 60 il y a quelques années à 15, la protection de zones de frayère et l’abandon par les pêcheurs de pratiques prohibées nuisibles aux ressources halieutiques dont les poissons. « De nombreux commerçants ont déjà commencé à abandonner leurs vieilles pirogues et filets prohibés faits de moustiquaires, au profit des cages flottantes ; ce qui va protéger les zones de frayère et permettre au Lac de respirer, et donc, aux poissons, de se multiplier », a-t-il signifié. Pour sa part, le porte-parole de la Monusco/Ituri Jean-Tobie Okala a expliqué que ce projet de techniques modernes d’élevage de poissons, en cages flottantes vise deux objectifs à savoir ; la réduction de violences communautaires et la lutte contre le chômage à travers la création d’emplois temporaires. « Ce Projet de techniques modernes d’élevage de poissons en cages flottantes à Tchomia, a pour l’objectif de réduire les violences communautaires, et de lutter contre le chômage à travers la création d’emplois temporaires ; d’abord pour les 100 bénéficiaires (50 femmes vulnérables et 50 ex-combattants, jeunes à risques et désœuvrés) mais aussi, pour la communauté locale en vue de la réinsertion socio-économique », a-t-il dit. Grâce à ce projet 25 cages flottantes ont été construites, dont 21 encore en service, 4 ont été détruites, suite à un accident de navigation), 53.000 alevins inséminés, parmi lesquelles, figurent plusieurs espèces notamment Oreochromis niloticus, souche Tchitralada. Ce projet financé par la Monusco via sa section DDRS à hauteur de 99.000 dollars américains est mis en œuvre par l’Association sans but lucratif RAD, qui dispose une chambre froide d’une capacité de 10 tonnes, rappelle-t-on. ACP/

