Ressemblances et différences entre Ebola et Choléra, deux épidémies en cours en RDC

Kinshasa, 6 août 2026 (ACP).-Les ressemblances et les différences entre Ebola et Choléra, deux épidémies en cours en République démocratique du Congo (RDC), ont été expliquées mercredi auprès de l’ACP par deux médecins, au moment où le pays a enregistré 1751 décès et 3874 cas confirmés d’Ebola.

« Le maître-symptôme de la maladie à virus Ebola est la fièvre, souvent accompagnée de saignements ; c’est pourquoi elle fait partie du groupe des fièvres hémorragiques. En plus de cette forte fièvre soudaine, le malade ressent des douleurs musculaires intenses, des maux de tête et une grande fatigue », a expliqué docteur Germain Kapour, épidémiologiste.

Le choléra, a-t-il ajouté, se caractérise à contrario par une diarrhée aqueuse aiguë sans fièvre. Il s’accompagne de vomissements fréquents, survenant sans effort, et d’une déshydratation corporelle très rapide susceptible de provoquer des crampes musculaires au niveau des membres inférieurs.

«C’est qu’il faut savoir : le choléra et la maladie à virus Ebola ont tous un point commun parce qu’ils provoquent des troubles digestifs sévères. Mais la différence est que le choléra est une infection bactérienne d’origine hydrique, donc c’est lié à l’eau, et qui est souvent sans fièvre, mais qui cause une très grande déshydratation,
pouvant amener quelqu’un à un choc. Mais par contre, la maladie à virus Ebola, c’est une infection virale qui est caractérisée par une forte fièvre et un syndrome hémorragique », a ajouté pour sa part docteur Foreman Mabala, médecin directeur de l’hôpital général de référence Jason-Sendwe à Lubumbashi.

Sur le plan épidémiologique, docteur Kapour a précisé que la période d’incubation du choléra est très courte, oscillant entre quelques heures et 5 jours. Pour le virus Ebola, ce délai s’étend de 2 à 21 jours.

Le taux de létalité varie également entre les deux pathologies.
« Pour le choléra, ce taux est inférieur à 1 % en cas de prise en charge précoce, mais peut atteindre 50 % si le traitement est tardif. Concernant Ebola, la létalité dépend de la souche : elle atteint jusqu’à 90 % pour la souche Ebola-Zaïre et environ 40 % pour la souche Bundibugyo, affichant une létalité globale de 25 % à 90 %, soit 3 à 9 décès sur 10 malades », a-t-il expliqué.

Si on peut établir les signes de différence, il faudra que le commun de mortel comprenne, par exemple, la présence de la fièvre. La fièvre, on la voit de façon forte en cas du virus d’Ebola, donc c’est d’une apparition brutale et souvent supérieure à 38 degrés. Par contre le choléra n’entraîne pas de fièvre, donc c’est ce qu’on appelle communément la maladie apiretique, a expliqué docteur Mabala Kipulu, directeur de l’hôpital Jason-Sendwe.

Quant à la prise en charge médicale, le traitement du choléra repose massivement sur la réhydratation par voie orale (sels de réhydratation) ou par perfusion intraveineuse pour les formes graves, complétée parfois par des antibiotiques ciblés.

La maladie à virus Ebola exige, pour sa part, des soins de soutien intensifs en unité d’isolement strict, l’administration de traitements antiviraux spécifiques (comme les anticorps monoclonaux) et l’usage de vaccins homologués pour certaines souches. ACP/

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