Bunia, 14 juillet 2026 (ACP).- Le gouvernement de la République démocratique du Congo(RDC) a décidé de renforcer les mécanismes de contrôle et d’assainissement du fichier des prestataires impliqués dans la riposte contre Ebola en Ituri , dans le Nord-Est du pays, a annoncé lundi le secrétaire général à la Santé, lors d’une réunion à Bunia, selon un communiqué consulté mardi par l’ACP.
« Délégué par le ministre de la Santé publique, de l’hygiène et de la prévoyance sociale, le secrétaire général à la Santé a présidé, lundi à l’Executive Lodge de Bunia, une réunion stratégique d’évaluation de la riposte contre Ebola en Ituri. La gestion des ressources humaines et le paiement des prestataires ont constitué un point majeur des discussions », a indiqué le communiqué de l’Institut national de santé publique (INSP).
Selon la même source, le secrétaire général a insisté sur la responsabilité des médecins chefs de zone (MCZ) à transmettre des listes fiables, actualisées et conformes à la réalité du terrain.
Il a précisé que ces listes validées permettront à l’Institut national de santé publique (INSP) d’exécuter le paiement des véritables prestataires.
Ce processus bénéficie de l’appui technique de l’ANICNS à travers la digitalisation, afin de garantir la transparence, la traçabilité et l’efficacité dans la gestion des fonds.
Le communiqué a souligné que cette opération de digitalisation a déjà débuté dans les zones de santé de Bunia et de Rwampara.
Elle sera progressivement étendue aux autres zones de santé de l’Ituri grâce au déploiement d’unités mobiles.
Les équipes procèdent actuellement à l’enrôlement d’environ 400 prestataires par jour, en vue de la constitution d’une plateforme numérique fiable.
Le texte a révèlé, en outre, que deux mois après la déclaration officielle de la résurgence de la maladie à virus Ebola en Ituri, les participants ont passé en revue les avancées enregistrées, les défis persistants et les actions prioritaires à mener dans les différents piliers du Système de gestion de l’incident (SGI).
Au cours des échanges, le secrétaire général à la Santé a salué plusieurs acquis. Il s’agit , notamment du renforcement des capacités de diagnostic avec le déploiement de plusieurs laboratoires à Bunia, de la construction progressive des Centres de traitement Ebola (CTE) dans les zones de santé affectées, ainsi que du renforcement des moyens d’évacuation grâce à la mise à disposition de nouvelles ambulances.
Le secrétaire général a rappelé que les données enregistrées seront soumises à la validation des MCZ, qui engageront leur responsabilité, avant le contrôle de conformité par l’Inspection provinciale de la Santé. S’agissant des impayés, il a clarifié que l’INSP n’est pas responsable des retards constatés.
Selon lui, ces lourdeurs sont principalement liées à la transmission tardive et non conforme des listes par les structures provinciales compétentes.
Certaines listes contiendraient même des prestataires fictifs, nécessitant un travail préalable de vérification. Face à ces irrégularités, le gouvernement a saisi le procureur.
De son côté, le gouverneur militaire de l’Ituri a requis l’ouverture d’enquêtes pour identifier et établir les responsabilités de chacun.
Par ailleurs, le secrétaire général a annoncé que toutes les ressources financières mobilisées dans le cadre de la riposte contre Ebola feront l’objet d’un audit par l’Inspection générale des finances (IGF), y compris les fonds des partenaires techniques et financiers.
« L’engagement du gouvernement demeure de payer les prestataires réellement actifs dans la riposte dès l’aboutissement du processus de vérification et d’assainissement du fichier », a-t-il poursuivi.
En clôture des travaux, il a fermement condamné l’introduction d’agents fictifs sur les listes de paiement, soulignant que ces pratiques retardent la rémunération des véritables acteurs et ralentissent les interventions sur le terrain.
Le gouvernement a réaffirmé sa détermination à renforcer la transparence, la redevabilité et l’efficacité de la riposte, dans l’unique objectif de briser la chaîne de transmission de la maladie à virus Ebola en Ituri.
ACP/L / G. M

