Kisangani, 23 juillet 2025 (ACP).– Des résultats probants issus des tests sur les bio-pesticides à base de plantes locales ont été présentés mardi à Kisangani, dans le nord-est de la République Démocratique du Congo au cours d’une journée portes ouvertes dédiée à la promotion de ces produits agricoles naturels pour une agriculture durable dans la province de la Tshopo, a appris l’ACP de source scientifique.
« Les résultats obtenus confirment l’efficacité de seize plantes locales sur les ravageurs des cultures, offrant ainsi une alternative durable et moins toxique aux pesticides de synthèse », a déclaré le professeur Godefroid Monde, directeur pays du le programme Central and west african virus epidemiology de l’institut facultaire des sciences agronomiques de Yangambi -WAVE-IFA/Yangambi), en marge de cette activité.
Cette rencontre scientifique et technique a mis en lumière l’apport significatif des bio-pesticides dans la réduction des risques environnementaux et sanitaires liés aux produits chimiques, tout en favorisant la résilience des systèmes agricoles locaux face au changement climatique.
» Les pesticides chimiques sont hautement toxiques, persistants dans l’environnement et dangereux pour la santé humaine, animale et pour les écosystèmes. A l’inverse, les bio-pesticides que nous développons présentent une nocivité très faible et offrent une alternative plus sûr et durable pour l’agriculture « , a affirmé le Professeur Godefroid Monde.
Selon lui, toutes les cultures maraîchères, vivrières et pérennes sont réceptives à ces bio-pesticides. Le produit, dénommé Bio-IFA, est conçu spécifiquement pour les agriculteurs, avec une approche initiale axée sur l’auto-production dans les milieux ruraux, à base de préparations simples à l’eau.
Les plantes utilisées ont été sélectionnées dans les territoires de Banalia, Isangi et Ubundu, où 44 espèces ont été recensées, 30 identifiées, 22 testées, et 16 jugées efficaces. La combinaison de certaines plantes, telles que le tabac et le petit piment, a montré une efficacité proche de 100 % en laboratoire.
Pour l’instant, Bio-IFA n’est pas encore commercialisé. Le projet privilégie l’usage local, en attendant l’homologation nécessaire à sa mise sur le marché. La production à grande échelle et la vente interviendront après la validation des étapes scientifiques et réglementaires, ainsi qu’une mobilisation adéquate de moyens.
L’étape suivante consistera à renforcer les capacités du laboratoire pour en faire une unité de production régionale et nationale de bio-pesticides. Un appel est lancé aux partenaires techniques et financiers, ainsi qu’au gouvernement congolais, pour un appui accru en vue de porter cette initiative à l’échelle de toute la RDC et du continent africain.
Financé à hauteur de 85.000 USD, dont 78.000 $ par le Programme de soutien aux savanes et forêts dégradées (PSFD) et Central African Forest Initiative (CAFI), ainsi que 7.000 USD du centre WAVE-IFA), ce projet d’innovation de 18 mois arrive à terme d’ici la fin 2025.
ACP/C.L.

