Kisangani, 18 juillet 2026 (ACP).- Les taximen-motos de Kisangani, dans la Tshopo, une province du nord-est de la République démocratique du Congo, ont affirmé samedi à l’ACP être informés de la présence de la maladie à virus Ebola et disent avoir commencé à appliquer certaines mesures de prévention.
«Nous sommes informés de la présence de la maladie à virus Ebola. Par mesure de prudence, nous évitons de nous serrer les mains et nous veillons au respect de la distanciation physique lors de nos réunions», a déclaré Gracias Salumu, coordonnateur de l’association des taximen-motos Aigle Force.
De son côté, Papy Osoko, taximan indépendant à Kisangani, a confirmé avoir été informé de l’existence de cette maladie grâce aux informations diffusées dans les médias, notamment à la télévision.
«J’ai déjà pris des dispositions en me munissant d’un cache-nez. Lorsque je transporte des clients, je leur recommande de respecter une distance physique et d’éviter de se coller les uns aux autres», a-t-il indiqué.
Pour sa part, Dieu Merci Aksanti, membre de l’Association populaire des motards conscients, a reconnu ne pas avoir été suffisamment informé sur la maladie à virus Ebola.
Il a toutefois annoncé son intention d’inscrire cette question à l’ordre du jour des réunions hebdomadaires de son association afin de sensibiliser ses collègues.
«Chaque dimanche, nous organisons une réunion au sein de notre association. Je vais inscrire cette question à l’ordre du jour afin que nous puissions échanger sur les attitudes à adopter et les mesures à prendre face à cette maladie», a-t-il déclaré.
Les conducteurs appelés à reconnaître la présence de la maladie
Par ailleurs, Sylvain Ibembe Denangowe, taximan-moto et membre du réseau U-Reporter de l’UNICEF, a exhorté ses collègues à reconnaître la présence de la maladie à virus Ebola dans la province et à renforcer le respect des mesures barrières pour se protéger et protéger leurs clients.
«J’exhorte mes camarades taximen à accepter que le virus Ebola est bien présent dans notre milieu. Pour ma part, je porte chaque jour un cache-nez avant de quitter la maison, je désinfecte le siège de ma moto avant chaque course, je ne transporte qu’un seul client à la fois afin d’éviter les contacts rapprochés et je me lave régulièrement les mains. Ce sont des mesures essentielles pour limiter la propagation de la maladie», a-t-il déclaré.
Selon lui, la sensibilisation des conducteurs de motos-taxis devrait être accompagnée d’actions concrètes des pouvoirs publics, notamment l’installation de dispositifs de lavage des mains dans les lieux publics et la mise à disposition d’équipements de protection.
«Je demande aux autorités d’installer des lave-mains dans les lieux publics, les marchés et les parkings des taximen, ainsi que de distribuer des cache-nez aux personnes qui n’en ont pas les moyens. La sensibilisation est importante, mais elle doit être accompagnée d’actions concrètes», a plaidé M. Ibembe.
Depuis l’apparition des cas importés de maladie à virus Ebola dans la province de la Tshopo, le gouverneur Paulin Lendongolia a pris plusieurs mesures préventives, notamment l’interdiction d’importer des dépouilles en provenance des zones affectées et la suspension des rassemblements de la population dans les lieux publics.
Des messages de sensibilisation sur les mesures de prévention et de lutte contre la propagation de la maladie sont également diffusés auprès de la population.
Toutefois, l’observation de ces mesures reste encore faible auprès de certaines couches de la population, notamment chez les conducteurs de motos-taxis. ACP/BI/B/L

