Kinshasa, 30 juillet 2026 (ACP). –L’organisation environnementale Greenpeace Afrique a appelé à une gestion concertée des ressources naturelles dans le « Couloir Kivu-Kinshasa » et a suggéré une pause dans l’octroi de nouvelles concessions forestières afin de mener des évaluations, selon un communiqué consulté jeudi par l’ACP.
« Une analyse de Greenpeace révèle que 72 % du Couloir chevauchent des blocs pétroliers. À cela s’ajoutent 12,3 millions d’hectares couverts par des concessions minières existantes, soit 23 % de la superficie totale. Elle souligne également que 6,5 millions d’hectares de tourbières, essentiels au stockage du carbone, sont menacés, et que 63 % des forêts communautaires se trouvent dans des zones soumises à des pressions extractives », a indiqué Bonaventure Bondo, chargé de campagne Forêts Bassin du Congo à Greenpeace Afrique, cité dans le communiqué.
Selon la même source, Greenpeace a mis en évidence l’incompatibilité entre le programme de conservation lancé par la République démocratique du Congo (RDC) et l’expansion des activités pétrolières, gazières et minières dans cette zone.
« Le Couloir Vert Kivu–Kinshasa représente une formidable opportunité de montrer que la RDC peut devenir un véritable leader mondial de la conservation. Mais cette ambition ne pourra jamais être crédible si les nouveaux projets pétroliers, gaziers et miniers continuent à progresser au cœur même du Couloir. Il est temps d’envoyer un signal politique clair en faisant de cet espace une véritable zone interdite aux nouvelles activités extractives », ajoute le communiqué.
Le document renseigne que l’organisation environnementale a également pointé des contradictions de gouvernance, notamment la coexistence du décret créant le Couloir Vert avec le processus d’attribution de 55 nouveaux blocs pétroliers. Elle déplore, en outre, des insuffisances dans la protection des droits des peuples autochtones et des communautés locales.
« Les communautés locales et les peuples autochtones ne peuvent pas être de simples spectateurs d’une initiative présentée comme communautaire. Leur consentement libre, préalable et éclairé, leurs droits fonciers et leur participation aux décisions doivent devenir les fondements de toute politique de conservation durable dans le Bassin du Congo », a indiqué la source.
D’après le communiqué, Greenpeace Afrique a recommandé le maintien du moratoire sur les nouvelles concessions forestières, l’exclusion des activités extractives des forêts intactes, des tourbières, des aires protégées et des terres communautaires, ainsi que l’instauration d’une gouvernance inclusive fondée sur les droits humains. Le document indique enfin que Greenpeace Afrique a appelé les autorités nationales, les partenaires, les investisseurs et la société civile à engager un dialogue pour faire du Couloir Vert Kivu–Kinshasa un modèle de conservation, de justice climatique et de développement durable fondé sur les droits.
« Le choix auquel la RDC est confrontée aujourd’hui est historique. Soit le Couloir Vert devient une référence mondiale en matière de conservation fondée sur les droits, soit il risque de devenir le symbole des contradictions entre les engagements climatiques et l’expansion des industries extractives », a conclu le communiqué.
Créé en janvier 2025, le Couloir Vert Kivu–Kinshasa s’étend sur plus de 544 000 km². Il a été conçu pour protéger les forêts tropicales, la biodiversité, les tourbières et les moyens de subsistance des peuples autochtones et des communautés locales. ACP/N

