Kinshasa, 30 juillet 2026 (ACP).- Les acteurs étatiques et la société civile se sont réunis jeudi à Kinshasa, sous l’égide du ministère de la Santé, pour évaluer la surveillance des toxicomanies au deuxième trimestre 2026, une rencontre historique qui permet désormais à la République démocratique du Congo de piloter ses actions grâce à des données épidémiologiques actualisées.
« Cette réunion a été recommandée par l’Union africaine. Lorsque nous nous retrouvons, nous réfléchissons ensemble, car nous ne pouvons pas traiter la question des toxicomanies sous le seul angle du secteur de la santé. Sont invités à cette rencontre tous les acteurs de la lutte, notamment la Division des stupéfiants (Intérieur), la DGDA, les Transports, la Police de circulation routière, etc. Tous ces services se réunissent chaque trimestre pour faire le point sur la surveillance épidémiologique», a déclaré le Dr Patrice Milambo, directeur du Programme national de lutte contre les toxicomanies et les substances toxiques (PNLCT).
Il a précisé que cette réunion intervient à un moment historique où le pays commence à actualiser ses données épidémiologiques.
« Pendant plusieurs années, un problème majeur se posait : nous n’avions pas de taux de prévalence ni d’informations précises sur les toxicomanies », a-t-il déploré.
Grâce à l’implication du ministère de la Santé publique et du partenaire Development Gateway, le PNLCT a initié un projet de collecte de données. Aujourd’hui, ces statistiques permettent au programme de mieux planifier ses activités, car il maîtrise désormais la prévalence du phénomène, tant chez les jeunes et les adolescents que chez les adultes.
Le professeur Patrice Milambo a également évoqué une enquête pilote, qualitative et quantitative, menée au Nord-Ubangi et dans le Haut-Lomami par des experts internationaux.
Cette étude a comparé deux provinces aux profils opposés : la première présentant une forte prévalence et la seconde une faible prévalence. Cette comparaison vise à comprendre les facteurs qui favorisent ou freinent la consommation de ces substances d’une entité à l’autre.
Par ailleurs, les participants ont évalué les recommandations de la première réunion de surveillance épidémiologique, tenue en mars dernier. La plupart d’entre elles sont déjà concrétisées ou en cours de finalisation.
Cette étape a été suivie par la présentation des réalisations du PNLCT au cours du deuxième trimestre 2026. Sur l’ensemble des activités inscrites au Plan d’action opérationnel (PAO) pour l’année 2026, seules neuf (9) restent à réaliser. En l’absence du ministre de la Santé publique, retenu par d’autres urgences nationales, le secrétaire général à la Santé publique, le Dr Sylvain Yuma Ramazani, a présidé les cérémonies d’ouverture et de clôture.
La réunion s’est achevée par la remise symbolique d’un trophée destiné au ministre de la Santé, en guise de reconnaissance pour les efforts déployés ayant permis à la RDC de ratifier, après 13 ans d’attente, le Protocole pour l’élimination du commerce illicite des produits du tabac.
ACP/AK.

