Kinshasa, 13 septembre 2026 (ACP).- Quatre mois après la déclaration officielle de l’épidémie de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC), les signaux passent au vert. Si les autorités scientifiques et politiques confirment que le pic épidémique est désormais dépassé, elles appellent à un optimisme prudent. Entre le déploiement de plus de 70 000 doses de vaccin et le maintien d’une vigilance stricte sur le terrain, la RDC amorce une phase décisive pour l’extinction du virus.
Une courbe en baisse et une épidémie « sous contrôle »
Réunie autour de la Première ministre Judith Suminwa lors d’une séance d’évaluation technique à Kinshasa, l’équipe de riposte a présenté des conclusions encourageantes. Les données épidémiologiques indiquent que la courbe de contamination a entamé sa phase descendante. Le nombre de cas journaliers et de décès confirmés est en nette diminution, y compris dans les anciens « hotspots » (points chauds) de la transmission.
Pour le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, le constat est clair : « Le mot à retenir aujourd’hui, c’est que l’épidémie est sous contrôle. » Ce constat est validé par les instances scientifiques nationales et internationales, notamment par le Professeur Placide Mbala, virologue à l’Université de Kinshasa (Unikin) et cadre d’Africa CDC.
Ce dernier confirme que les mesures rigoureuses mises en place sous la direction du Professeur Steve Ahuka (Incident Manager) portent enfin leurs fruits.
L’arme du vaccin et le défi de la protection croisée
L’un des piliers majeurs de cette accalmie réside dans l’offensive vaccinale orchestrée par le gouvernement. À ce jour, la RDC a réceptionné et commencé à administrer plus de 70 000 doses de vaccin, sous la supervision du ministre de la Santé, Roger Kamba.
L’enjeu majeur de cette riposte repose sur une complexité biologique spécifique, car les autorités sanitaires déploient actuellement le vaccin Ervebo, initialement homologué pour combattre la souche Ebola Zaïre, alors que les équipes de recherche doivent mesurer son efficacité réelle et sa capacité à offrir une protection croisée contre la souche Bundibugyo qui sévit sur le terrain.
Ce volet scientifique s’avère crucial pour adapter durablement la réponse vaccinale face aux mutations et aux différentes souches du virus sur le continent.
Le piège de l’excès de confiance : appels à la vigilance maximale
Malgré ces avancées spectaculaires, l’heure n’est pas au triomphalisme. Le Professeur Jean-Jacques Muyembe, figure historique de la lutte contre Ebola, s’est d’ailleurs rendu en province de l’Ituri pour évaluer directement les défis persistants sur le terrain et affiner les stratégies d’élimination du virus.
La prudence est également de mise dans les centres urbains. À Kisangani (chef-lieu de la Tshopo), bien que le pic soit aussi atteint, les autorités médicales locales exhortent les communautés à ne pas relâcher leurs efforts. Le Dr Maurice Kongoto, médecin chef de la zone de santé de Kisangani-Makiso, rappelle les règles fondamentales : respect strict des mesures d’hygiène et des gestes barrières, changement des mentalités lors des rites funéraires et des enterrements, moments historiquement propices aux super-contaminations et évitement systématique de tout contact physique avec les cas suspects.
Perspectives : consolider les acquis
Le gouvernement Suminwa, soutenu par le suivi direct du Président de la République, entend maintenir la mobilisation multisectorielle (sanitaire et sécuritaire) au cours des prochaines semaines.
L’objectif immédiat est d’observer la consolidation de cette baisse de la transmission afin de déclarer, d’ici peu, la fin officielle de l’épidémie. La RDC prouve une fois de plus sa résilience et son expertise scientifique mondiale face à Ebola, mais le succès final dépendra de la discipline collective et de la poursuite des essais cliniques.
Le pays de Lumumba fait face à sa 17ème épidémie de maladie à virus Ebola, souche Bundibugyo, déclarée au mois de mai dans la province de l’Ituri. Cette flambée historique a causé plus de 3 300 décès sur plus de 6 800 cas confirmés dans un contexte sécuritaire complexe.
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